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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 15:40

  

 

Pat : Peux-tu me dire pourquoi quand tu poses un objet, disons un trousseau de clés, et que tu lui tournes le dos disons deux minutes, neuf fois sur dix tu ne le retrouves pas et tu passes un temps dingue à remettre la main dessus ?

 

Fred : Parce qu'il est dessous. C'est le syndrome de la propension des choses inanimées à se déplacer ou à disparaître.

 

Pat : C'est quoi cette connerie de syndrome ?

 

Fred : Phase une tu poses l'objet. Phase deux (très courte) : Stabilité apparente et relative de l’ordre établi. Phase trois (progression fulgurante) : Expansion ordrifuge exponentielle des objets. Phase quatre (à tendance persistante) : L'objet recherché a disparu.

 

Pat : J'y ai rien compris à ton truc là. Moi ce que je veux dire c'est que, disons les clés, t'es pas con au point de les poser dessous autre chose quand tu les poses ! Tu les poses dessus et là où tu es sûr de les retrouver. Alors comment tu comprends que après deux minutes tu les retrouves plus ?

 

Fred : Personne n'a jamais rien compris à rien, c'est comme ça. C'est aussi que peut-être chez toi on ne sait plus bien où est le dessus du dessous.

 

Pat : Insinuerais-tu que chez moi c'est le foutoir ? Ben pourtant je range, je range au moins là où je pose, tu vois, avant de poser je fais de la place pour poser, mes clés, mon portefeuille, ou j'sais pas, le tire-bouchon...

 

Fred : Peut-être que tu pourrais ouvrir ta porte avec le tirebouchon ? Ça te ferait un truc en moins à perdre.

 

Pat : Arrête ! J'suis sérieux, et puis ça me coûte du fric de refaire faire mes clés ou de racheter des tirebouch'.

 

Fred : Tu participes à l'activité économique du pays, c'est bien.

J'y pense, il y a au moins des valeurs sûres, des exceptions à la règle, on est en France merdre !

 

Pat : Lesquelles ?

 

Fred : Les plantes vertes !

 

Pat : Tu te fous encore de ma gueule là. Et puis une plante tu la cherches pas, tu la vois, elle est là c'est tout. Et puis elle est verte, ça aide.

 

Fred : Idée de génie Pat' ! Tu viens de l'avoir, peindre en vert ce que tu ne veux pas qui disparaisse !

 

Pat' : Pas con, quoique... si tout est vert...

 

Fred : Prenons un autre cas. Méfie-toi des faux amis, de ceux qui ont un fil à la patte. Tu suis le fil, et tu as parfois une surprise. Arrivé au bout ce n'est pas forcément ce que tu croyais.

 

Pat : Ouais là je suis d'accord, avec les fils c'est toujours l'embrouille !

 

Fred : Et attention, y'en a d'autres pas mieux, tiens, les mots ! En voilà une engeance particulièrement perfide, les mots !

 

Pat : Tu veux dire qu'ils sortent dans le désordre de ta tête. Ça j'suis d'acc aussi mais j'crois savoir un peu pourquoi, d'ailleurs mon verre est toujours là mais vide, lui aussi je me demande comment que ça se fait qu'il est si souvent vide ?

Léon, tu nous en remets une !

 

Fred : Y'a aussi la géolocalisation, tu pourrais équiper certains objets à ne pas perdre d'une puce de géolocalisation. Merci Léon.

 

Pat : Genre comme ça se faisait dans le temps, tu siffles et ça répond ? Et le jour ou la pile est morte tu retrouves jamais le truc.

 

Fred : Non, ça c'est ringard, maintenant t'as tout sur ton smratfaune...

 

Pat : Hein quesse tu dis ?

 

Fred : Que c'est sur ton téléphone que ça marche.

 

Pat' : Oh purin de merde, où est-ce qu'il est ? J'suis sûr que... Tu vas voir que je l'ai encore paumé ce machin, alors lui c'est pire que tout, j'en suis au moins à mon dixième, je les rachète chez Emmaeus sinon je me serais déjà ruiné.

 

Fred : Laisse tomber la puce, tu fais comme si j'avais rien dit. Tu veux que je le fasse sonner ?

 

Pat' : Ah, là, je le sens ! Quoi, qu'est-ce que tu disais ?

 

Fred : Rien, je dis rien...

 

Pat : Pas con ça, un chien, y'a bien des chiens d'aveugle et d'autres qui rapportent le journal ou un lapin, pourrait aussi y avoir des chiens qui surveillent tes affaires à ta place et...

 

Fred : Des chiens d'ivrognes. Qui font le ménage ? Et aussi un cheval qui te ramène chez toi et un coq qui te réveille le matin... Pat' tu devrais aller vivre à la campagne.

 

Pat : C'est vrai qu'à la campagne c'est peut-être mieux reanbgé, j'veux dire que, à la campagne y'a moins, tu vois, et comme y'a moins tu retrouves plus facilement.

 

Fred : C'est ça oui, plus y'a moins et plus c'est mieux dans l'ordre.

 

Pat : Léon, t'es sûr pour l'horloge là ? Si les aiguilles tournent dans le sens des aiguilles j'crois que j'vais siffler mon cheval.

 

Fred : À demain Pat'.

 

Pat : Si demain est là où on l'attend, ça devrait le faire.

 

Fred (en aparté) : Je me demande des fois si on perd pas aussi un peu notre temps à toujours chercher à vouloir remettre de l'orlogique dans tout ?

  

17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 15:46
Vide vie...

La mémoire des objets

 

Fred : Oufff, ce matin j'ai mis le nez dans un placard, que des vieilleries que je me dis depuis des lustres que je dois faire le tri.

Pat : Tu viendras chez moi après, j'ai de quoi remplir une benne et je procrastine depuis des décennies.

Fred : Attend ! J'ai juste réussi à trier et jeter un sac de merdouilles pourries.

Pat : À la mort de mon père j'ai récupéré tout un tas de trucs, je pouvais pas jeter, c'était mon enfance, alors je les ai stocké en plus de ce que je gardais déjà.

Fred : J'suis un peu pareil, j'sais pas pourquoi, pourquoi on garde des outils qui ne nous serviront jamais, des objets en pannes ou cassés...

Pat : Ah non, moi c'est plutôt sentimental, ou alors Loulou la brocante, je me dis que ça peut avoir de la valeur, ou que ça en prendra avec le temps, que quand je serais mort...

Fred : Tout partira pour une bouchée de pain chez un brocanteur.

Pat : Je sais, en fait les objets n'ont pas de mémoire, c'est nous qui nous souvenons, pas eux. Ce vieux projecteur de films, un Pathé Baby, y'a que moi qui me souviens de ma grand-mère me projetant des films bizarres.

Fred : Tu m'en as déjà parlé, tu m'avais dit qu'il y en a des dizaines à vendre sur « leboncoin ».

Pat : Oui, entre vingt et quarante euros, et le mien il est tout en haut d'une étagère.

Fred : Et tes héritiers se demanderont pourquoi tu as conservé ce vieux machin. Il ne signifiera rien pour eux.

Pat : C'est ça, on projette son film sur un objet, ce projecteur j'entends encore son bruit, il fallait un transformateur car il fonctionnait en 110v, enfin bon, voilà, y'a que moi qui...

Fred : Alors tu le gardes pour toi et rien que pour toi, tu devrais le descendre de son étagère et l'exposer dans ton salon, au moins tu en profiterais pour te repasser le film tous les jours.

Pat : C'est con, car en fait je n'ai pas besoin de l'objet pour me souvenir.

Fred : On tourne en rond.

Pat : Faudrait que toi et moi on rassemble tout et qu'on se fasse un vide grenier !

Fred : C'est dit, ! Et avec la recette on se fait un bonne bouffe, qu'au moins on en profite ici et maintenant.

Pat : C'est dit !

Fred : On le fait quand ?

Pat : Euuuuuuuuu ben, faut quand même le temps de faire le tri et...

Fred : Non ! Surtout y faut pas trier, faut tout mettre dans le tas, et tout vendre sinon on y arrivera jamais.

Pat : T'es dur.

Fred : Tu viens chez moi et je vais chez toi, comme ça pas de tergiversassions.

Pat : On en reparle.

Fred : Tu te dégonfles ?

Pat : C'est pas ça mais...

Fred : Ça pourrait prendre de la valeur ! Tu sais bien que non, si t'avais quoi que ce soit qui vaille quelque chose, je serais déjà au courant.

Pat : Je regarde sur videgrenier.com et je t'appelle !

Fred : C'est dit !

 

yve bressande / 17 08 16

17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 09:13

 

Une fuite en fuite

La fuite

La fuite

Fuuuiiiiiiiiiiiiite

Plombier Plombier Plombier (comme Pin-pon)

Allô à l'eau la Pologne ? !

Serpillons   Serpillons   Serpillons

Essorons    Essorons    Essorons

En fuite en fuite en fuite

Le plon plon le plon plon le plombier

Colmatons tonton colmatons tonton

Demain c'est sûr demain c'est certain

Demain il sera là

Au sec au sec au secours

Qui le connaît   qui connaît le

Plon plon   le plon plon   un bon plombier

Sympapapape   coconpétent   pas cher même si cacher / /

. . .

Personne ne répond

Assourdissant silence sans fond

Rien dans les tuyaux

La Fesse reste muette

Plus d'amies lorsqu'il s'agit

Lorsqu'il s'agit de dévoiler

De dévoiler l'adresse

L'adresse de son plombier

Plombier   Plombier   Plombier (comme Pin-pon)

Les pieds dans l'eau

Patauge et touche le fond

Quand enfin venu de loin

Du fin fond de la galaxie

Du premier battement d'après Big bang

Enfin un 06

Merci Béatrice

. . . Allô à l'eau la Pologne ? ! . . .

Il a dit ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Demain il vient

Plombier Plombier Plombier (sur un air gaie)

 

yve bressande / 17 08 16

8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 13:37

 

Fred : Tu sais, on en a peut-être déjà parlé mais j'ai du mal à m'y faire...

Pat : Fer à cheval ou fer au feu ?

Fred : À la disparition, extinction de mots, de concepts, ça date de l'époque des privatisations, enfin j'imagine.

Pat : Oh ben, tu nous causent du millénaire d'avant !

Fred : Partout ou presque on est devenu des clients.

Pat : En effet, c'est pas nouveau, et ça va pas s'arranger, que ce soit à l'école ou à l'hôpital et j'en passe, de plus en plus ce sera tu paies ou t'attends.

Fred : Oui, et c'est même pas le côté argent qui m'embête le plus, c'est la relation, pas du tout pareil si t'es client ou usager. Celui ou celle qui est en face du client le regarde comme une vache à lait, avec l'idée de lui soutirer le maximum ; c'est plus vraiment humain.

Pat : Y'a plus que toi pour penser en terme humain, pas humain. La plupart des gens prennent leur pied à acheter, à avoir de l'argent et à le dépenser avec le pouvoir qui va avec ! Ils cherchent la bonne affaire, la concurrence ça les fait bander.

Fred : Tu as raison, c'est bien ça qui me gène, cette relation de dominant, dominé qu'induit l'argent, et à la fin il faut un gagnant et un perdant.

Pat : Tu crois qu'il n'y a pas possibilité d'un accord ? Le juste prix des choses ? Quand tu achètes une salade ou un aspirateur, si la salade est bonne et que l'aspirateur aspire et que tu n'as pas dépensé plus que tu le voulais, c'est bien ?

Fred : Tu as raison, faut chercher ailleurs mon malaise... prend les « biens communaux », aujourd'hui c'est devenu propriété aliénable des communes ou autres. Il sont lotis, zacisés, périphériquisés, ou au mieux transformés en zone verte et aménagés, sauf que je ne me sens plus chez moi, ce n'est plus un bien commun dont chacun peu jouir. Voilà, un usager jouit du bien commun.

Pat : Parce que tu penses qu'un acheteur ne jouit pas de sa propriété ? !

Fred : Si, sans doute, alors le malaise est encore ailleurs...

Pat : Il est peut-être que l'usager fait parti d'un collectif, le mot important pour toi c'est « commun », et que l'usage commun induit l'appartenance à une « communauté ». Le client comme le vendeur sont des individus et la propriété l'enjeu de leur relation.

Fred : C'est ça, en fait le malaise il est là, de la disparition du commun, de la communauté, de l'appartenance.

Pat : Le truc d'être vieux mon pauv' Fred c'est de rester bloqué sur ce que tu as connu et qui n'existe plus ou tend à disparaître.

Fred : Merci, tu me flattes.

Pat : Non, c'est juste qu'aujourd'hui d'autres modes de relations se mettent en place, d'autres types de communautés.

Fred : Tu veux parler des « Amies » sur la Fesse du Bouc ?

Pat : Non, là on est dans le 100% privé commercial. Je pensais plutôt aux communautés de partage de services comme les « Sel », les jardins partagés, les « Boîtes à livres », le covoiturage... etc. Il existe également des tentatives de coopératives immobilières...

Fred : Tu as raison, j'appartiens à la préhistoire, place aux jeunes !

Pat : Qu'est-ce que tu peux être con quand tu t'y mets. C'est juste qu'il faudrait que tu te bouges un peu, ce que je te dis là c'est pas nouveau, je dirai même que c'est aussi vieux que l'humanité. Sauf qu'aujourd'hui l'arbre capitaliste et marchand est devenu tellement gros qu'il cache la foret commune.

Fred : Et c'est un lieu commun de me le dire.

30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 21:16

Lecture réalisée dans le cadre de l'exposition photo

de Odile Combe : Namibie - Les peuples des déserts 

le mardi 26 juillet 2016 à La-Tour-Du-Pin.

 

Crédit photographique : Odile Combe & Monique Peillex

 

 

Apéro Poétique TdP 2016
Apéro Poétique TdP 2016
Odile Combe & Yve Bressande
Odile Combe & Yve Bressande

Odile Combe & Yve Bressande

Cristelle / Ivanne / Choeur folk / Chantal / Monique / Yve / Lionel / le public &  le pot !
Cristelle / Ivanne / Choeur folk / Chantal / Monique / Yve / Lionel / le public &  le pot !
Cristelle / Ivanne / Choeur folk / Chantal / Monique / Yve / Lionel / le public &  le pot !
Cristelle / Ivanne / Choeur folk / Chantal / Monique / Yve / Lionel / le public &  le pot !
Cristelle / Ivanne / Choeur folk / Chantal / Monique / Yve / Lionel / le public &  le pot !
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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:29
Le caillou temporel

à & avec John D

 

Tu gamberges sans résultat

dépassant tout ce que il y a

mettons facilement 40 ans

tu avais pu constater ne pas comprendre

ne pas comprendre plus tard

ce que tu n'as pas compris avant

tu partages

tu as même la sensation de moins comprendre

ce que tu avais cru comprendre jadis

sans en être tout à fait certain

tu projetais dans/sur l'avenir

le caillou du présent

ce caillou est ou n'est pas

au fond d'une de tes chaussures

au fond d'une poche d'un vieux pantalon

au fond d'un trou de mémoire

Ce que tu sais

c'est que tu ne sais pas où est passé ce foutu caillou

c'est qu'il n'est pas devenu le caillou de l'avenir

ce que tu veux dire

de la même façon qu’on peut régler sa vie

par le fric la poésie (ou autre chose)

tu peux/pourrais tout aussi bien le faire par le rythme

au point où en ce qui nous concerne

il y a des rythmes qui s’imposent.

mais réééellement

ce sont comme des courants porteurs

contre lesquels il serait stupide d’essayer de ramer

tsunami temporel vague scélérate temporelle

il manque ici une ligne une portée

un son une âme son un vers

un fil sur lequel se (non ! pas se pendre)

se caler recaler sur un rythme basique

une sorte de (comment y disent les magic'astrophyziks ?)

un bruit de fond rythmique

un écholalique originel qui nous porterait

nous bercerait (fait dodo l'enfant do)

le ressac du temps ne le combat pas

s'accorder à le rythme viscéral animal

reste ensuite à savoir à quoi quoi jouer

quoi jouer en rythme

tambour violon glotte

jouer s'enjouer jouir orgasmer

l’intérieur vibrations

l'intérieur du dedans

ça vibrerythme en phase

ça te tire-au-cul

ça te retourne comme une peau

tellement qu'à la fin (de ton temps ?)

tu régurgites dégorges le caillou

sous la langue tu le suces

il mouille rouille dedans

le caillou

le dé

je

. . .

15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 09:24
Tout baigne... à Orlando

 

 

 

Tout baigne

tout baigne sous le soleil

plages au kilomètre

océan Pacifique très pacifique

le soleil descend paresseusement

l'horizon fait le dos rond

Edward et Luis sont heureux

Amanda et Mercedez Marisol sont heureuses

aux pays des étoiles

ce soir elles iront danser

ce soir ils iront danser

Tout baigne

ce soir ça va bouger

ce soir ça va pulser

il y aura Juan

il y aura Peter

il y aura Stanley Eric Kimberly Eddie Darryl Deonka Alejandro Anthony Jean Carlos Amanda Franky Jimmy Martin Luis Daniel Xavier Emmanuel Gilberto Ramon Simon Adrian Oscar Enrique Miguel Javier Jorge Joel Jason Benjamin Cory James Juan Luis Daniel Juan Shane Evan Jerald Arthur Leroy Valentin Tevin Eugene Jonathan Antonio Jean Rodolfo Angel Brenda Lee Yilmary Christopher Andrew Frank Paul Antonio Akyra Christopher Joseph Geraldo

 

Ce soir ça va pulser

ce soir ça va bouger

ce soir ils seront tous là toutes là

ce soir ils vont s'éclater

ce soir ce sera gaie

ce soir tout baigne à Orlando

Tout baigne

 

Les lumières se sont éteintes

la musique s'est tue

des éclairs ont zébré la piste

des rafales ont claqué assourdissantes

un vent de terreur a soufflé des vies

tuées pour ce qu'elles étaient

tués pour ce qu'ils étaient

tués pour leur beauté

tuées pour leur joie de vivre

pour eux le soleil s'est éteint

pour eux les chants se sont tus

 

Le bruit des balles continu de siffler

les balles continuent de tuer

le bruit des mots doit continuer

continuer à dire à crier à hurler

dire dire et encore dire

à Omar à Christine à Donald à Sarah

à tous les autres les autres

que les autres sont autres

que l'amour n'a pas de religion

que l'amour n'a pas de couleur

que l'amour est de tous les sexes

que l'amour est de toutes les peaux

que l'amour est de tous les sens

que demain le soleil

que demain la lumière

que demain enfin

pacifique

Tout baignera

6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 10:24

Des mots pour ne rien dire

Les aligner sur la ligne

Ordre ou désordre on s'en fout

Des mots à cloche-pied

Un peu bancals ou bancaux

Des mots qui pètent

Qui pètent pas trop haut

Qui sentent pas trop mauvais

Des mots qui existent dans le dico

Ou qui n'y sont pas pas encore

Quand il fait gris dehors

Quand il fait gris dedans

Quand il fait gris sans souris

Alors se couvrir d'un mot

Couverture de mots

Se mettre au chaud sous les mots

Des mots soleils

Des mots lumières

Des mots chauds

Se les mettre dans la bouche

C'est permis

Pas comme quand on était petit

« Ne mets pas ça dans ta bouche ! »

Des mots bonbons très bons

Des mots acidulés

Des mots sucrés

Des mots vitaminés

Des mots vivants

Des mots qui vous mettent l'eau à la bouche

Des mots pour le plaisirs des mots

Pour le jeu des mots

Pour le bruit des mots

Pour la musique des mots

Des mots secrets

Juste pour toi et moi

Des mots libres de droits

L'auteur est Anonyme

On sait pas qui

Si c'est madame ou monsieur

Si c'est jeune ou si c'est vieux*

Oooooooooooh une étoile

On dirait que c'est belletesyeux

Que avec une fusée on peut y aller

Que il y aura du soleil

Que

Allo la Terre

Je ne vous entends plus

Allo la Terre Allo la Terre

Silence radio

17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 07:36
Personne t'oblige !

Fred : Je te le dis, personne t'oblige.

Pat : À quoi ?

Fred : À quoi, quoi ?

Pat : Personne ne m'oblige à quoi ?

Fred : À faire ce que tu ne veux pas faire, ce que tu n'as pas l'envie de faire.

Pat : Oui, et alors... où est-ce que tu veux en venir ?

Fred : Si personne ne fait ce qu'il n'a pas envie de faire tout ira mieux !

Pat : Si toi tu disais en clair ce que tu veux dire je comprendrais peut-être mieux.

Fred : Au lieu de passer leur temps à râler contre ceci ou cela, à signer des pétitions en ligne, à partager leurs mauvaises humeurs sur la Fesse du Bouc... les gens feraient mieux de s'écouter et d'agir. Si tout le monde agit en fonction de ses convictions les choses changent.

Pat : Hummm... à qui mieux mieux ! Quels gens ? Donne un exemple concret ?

Fred : Les français, ceux qui protestent, qui sont contre ; pourquoi est-ce qu'ils n'agissent pas en cohérence avec leurs opinions ?

Pat : Si je te suis bien, je suis contre... voyons voir, contre quoi est-ce que je suis ? Contre les voitures en ville ! Ça pue et ça pollue. Je fais quoi ? Je signe une pétition, j'écris à mon maire, je crève les pneus des bagnoles ?

Fred : Tu peux commencer par voter pour une liste qui propose la suppression des voitures en centre ville, et toi-même ne pas avoir de voiture.

Pat : Aucun candidat à la mairie qui espère se faire élire ne proposera de supprimer les voitures du centre-ville. Et ceux qui ont une bagnole ont tous une très bonne raison à te donner pour ne pas s'en passer. Et la liste ultra-écolo anti-auto fera au mieux 2% et en votant pour elle je risque de faire passer une bande de fachos.

Fred : Prenons un autre exemple, je pensais aux pouvoir du consommateur.

Pat : Acheter ou ne pas acheter ? Le boycott ?

Fred : Oui, mais au niveau individuel, ou familial, sans avoir besoin d'une organisation ou d'un gourou à suivre. Décider soi-même d'être en cohérence.

Pat : De ne plus acheter de fraises à Noël. L'éruption permanente des individus plutôt que la révolution permanente des peuples !

Fred : Quand le peuple refroidit, les organismes constitués et agissants reprennent le pouvoir, qu'ils soient militaire, politique, religieux, économique, etc. On l'a vu en Égypte, c'est un cas typique.

Pat : Sauf que les individus sont globalement individualistes et moutonniers. Prêts à manger du poison en sachant qu'ils mangent du poison du moment que c'est un poison à leur goût et pas cher ! Ou pour épater le voisin.

Fred : C'est un peu ça, le fumeur sait qu'il va droit vers le cancer du poumon mais il fume quand même. Tu sais qu'en achetant de l'huile de palme industrielle tu tues les orang-outans, et pourtant tu signes des pétitions pour sauver les orang-outans tout en achetant une barre chocolaté ou un plat cuisiné contenant cette huile de palme industrielle.

Pat : Ce n'est donc pas un problème de connaissance ni de conscience ?

Fred : Interroge individuellement les personnes, la plupart donneront « les bonnes réponses », et cela ne date pas d'hier ! Le fameux syndrome de la brosse à dent ; cette enquête date d'au moins cinquante ans. Les français déclaraient se brosser les dents au moins une fois par jour et changer de brosse au moins une fois par an, je résume. Ceux qui ont réalisé cette enquête ont comparé leurs résultats avec les ventes réelles de brosses à dents et de dentifrice et là je te laisse deviner la suite.

Pat : Il aurait fallu vendre deux fois plus de brosses et quatre fois plus de dentifrice. Donc les gens savent et agissent à l'inverse.

Fred : Eh oui, c'est l'éternel hiatus entre comportements individuels et le bien collectif. Il faut la loi et ou une contrainte pour faire changer les usages.

Pat : Il doit bien exister des exemples ou les individus ont fait évoluer la société, je veux dire des changements de comportements sur le long terme ? Si on refaisait le sondage sur l'hygiène dentaire en France ?

Fred : Sans doute les mentalités évoluent, mais c'est souvent par influence, par contagion. Si tu relis des textes très anciens, Rutebeuf, La Boétie, ou les philosophes grecs classiques, tu t'aperçois que leurs écrits sont d'une actualité brûlante, pour reprendre la métaphore de la lave et du volcan.

Pat : Alors il faut attendre la catastrophe, l'explosion d'une centrale nucléaire, la disparition des abeilles et la famine mondiale, la chute du capitalisme et du système financier, etc. ?

Fred : En attendant tu reprendras bien un verre de cet excellent petit blanc bio ?

Pat : Je veux ! … donc je peux, hipppsssss.

Fred : C'est peut-être ça que Nuit Debout a de positif, si ça dure...

Pat : Et si c'est contagieux, parce que pour l'instant ça reste bien petits blancs intellos.

Yve Bressande

11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 07:41
Sexes à pieds...

Audio Vox Concept'

regroupe une suite de textes conçus et écrits pour la voix.

Mise en bouche en souffle en 3 2 1 …

  D’autres textes dans la rubrique Audio Vox
(enregistrement artisanal par l'auteur)
La version audio est parfois différente de la version texte.
La raison pourrait en être une persistance des brumes textuelles.
Les poèmes sont des plaques tectoniques, ils bougent, se choquent, s'entrechoquent, emmagasinent de l'énergie, cela produit des failles de sens, des cratères néologiques, parfois aussi des tremblements de vers, des tsunamis sémantiques…