Audio Vox Concept'

regroupe une suite de textes conçus et écrits pour la voix.

Mise en bouche en souffle en 3 2 1 …

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(enregistrement artisanal par l'auteur)
La version audio est parfois différente de la version texte.
La raison pourrait en être une persistance des brumes textuelles.
Les poèmes sont des plaques tectoniques, ils bougent, se choquent, s'entrechoquent, emmagasinent de l'énergie, cela produit des failles de sens, des cratères néologiques, parfois aussi des tremblements de vers, des tsunamis sémantiques…


 



Fred : Nous, on a eu une vie ordinaire.

Pat : Tu veux dire quoi par là ? Qu'on a pas fait ce qu'on aurait voulu, rêvé ?

Fred : Oui, quand j'entends les gens célèbres, ils ont tous rencontré untel ou machin et après... bla bla bla...

Pat : Mon père connaissait, mon oncle était, et patati et patata...

Fred : Pas que, il y a aussi les gens qui étaient là au bon moment au bon endroit, les Bee Gees ont commencé en Australie dans l'anonymat, et puis un jour ils débarquent en Amérique, l'air du temps et pafff... pour d'autre c'est une rencontre, une lettre.

Pat : Si tu creuses un peu c'est souvent pas que du hasard, mais c'est vrai aussi que le destin, on peut dire ce qu'on veut, c'est comme la foudre, elle tombe là où elle tombe, et soit tu meures, soit tu deviens riche et célèbre.

Fred : Le talent plus la foudre, les gènes et la bonne étoile.

Pat : Qu'est-ce que tu veux, notre destin à nous, c'est de raconter des conneries accoudés à ce foutu zinc !

Fred : Quand même, j'sais pas, je peux pas m'empêcher de penser que...

Pat : Il y a aussi l'offre et la demande, tu arrives trop tôt ou trop tard, combien d'artistes ne se sont jamais imaginés en révolutionnaire de leur époque, ils peignaient, écrivaient, inventaient... et ne se doutaient pas que un siècle plus tard... beaucoup sont morts trop jeune pour savoir.

Fred : Isidore Ducasse, claqué à 24 ans seul dans sa mansarde.

Pat : Par exemple, tu n'y peux rien, c'est comme de tomber frappé par une météorite, la probabilité est infime mais tous les siècles il y en aura un qui se fera percuter.

Fred : Nous sommes peut de choses...

Pat : Sauf si tu finis centenaire, la durée est un critère déterminant, tu as plus de chance d'être reconnu avec le temps, je veux dire de ton vivant. Je crois que c'est, j'ai perdu son nom, il disait que depuis qu'il avait atteint quarte-vingt balais il recevait des prix, était sollicité de toute part, ça l'emmerdait car sa santé ne suivait pas, il aurait aimé pouvoir en profiter, que ça lui arrive quarante ans plus tôt.

Fred : Le fin fond du truc c'est ça, de vivre, à vingt ans tu es sûr de réussir ta vie, à quarante tu commences à te poser des questions.

Pat : Et à regarder les autres, te dire que...

Fred : Et à soixante tu sais déjà que c'est râpé, qu'au mieux tu auras une gloire posthume.

Pat : Mais plus vraisemblablement pas de gloire du tout !

Fred : Et tu penses que tu as raté ta vie.

Pat : Alors que vivre c'est réussir sa vie, il n'y a que la mort qui soit un échec.

Fred : « Buvons encore, un dernière fois, à l'amitié, l'amour, la vie »

Pat : Une chanson, ça peut suffire à tout changer.

Fred : Alors buvons.

Pat : Chantons sous la pluie !

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 08:11

 



Fred : Tu as encore tes parents toi ?

Pat : Oui, ils commencent à se faire vieux mais ils tiennent encore la forme.

Fred : Et tu as déjà imaginé comment tu réagiras le jour ou...

Pat : T'es d'une gaité folle pour un lundi pluvieux. Il y a quelques années de ça je me suis posé la question, maintenant les enjeux ne sont plus les mêmes, j'ai fait ma vie et eux aussi.

Fred : Mon père est mort il y a déjà pas mal de temps, ça a été très dur, surtout pour ma mère, et puis le temps passe...

Pat : Alors pourquoi tu en parles ?

Fred : J'ai lu un bouquin d'une femme écrivant sur son père, et le nombre d'homme qui ont écrit ou fait un film après le décès de leur mère, c'est impressionnant.

Pat : Une manière pour eux de faire leur deuil.

Fred : Mais pourquoi ce besoin de partager avec des gens que tu ne connais pas, le deuil c'est un truc personnel.

Pat : Je pense qu'ils s'imaginent universels. Comme ceux et celles qui éprouvent le besoin d'écrire leurs mémoires, ils pensent que comme ça ils conjurent la mort.

Fred : Une épitaphe de cinq cent pages...

Pat : Ou juste un petit poème.

Fred : Pour certains ça a été le début de la gloire, le seul bon bouquin qu'ils aient écrit.

Pat : Une manière de laisser une trace, un témoignage, de libérer des émotions ; et au moins c'est un sujet qu'ils connaissaient.

Fred : Tout ce que j'ai voulu dire et que je n'ai pas dit au moment ou...

Pat : Une sorte de journal à l'envers.

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:18

 



Pat : pouffffff, je devrais manger un peu plus de poisson.

Fred : Pourquoi, tu as des problèmes de mémoire ?

Pat : J'arrête pas d'oublier ce que je ne devrais pas oublier, le nom des gens, les titres des livres et des films, ce pourquoi je suis devant ce foutu placard et que je ne sais plus ce que je suis venu chercher...

Fred : Moi aussi ça m'arrive, le truc c'est de ne jamais reporter à plus tard, faire immédiatement, ou alors tu notes sur un bout de papier.

Pat : L'inventeur du post'it doit être multimilliardaire, sauf que moi j'écris sur n'importe quoi qui me tombe sous la main... le problème c'est de ne pas perdre le bout de papier !

Fred : Tu le mets dans ta poche, ou alors toujours au même endroit, faut te conditionner, te fabriquer des repères immuables. Le gros agenda qui ne change jamais de place, ou l'os à moelle pour les clés, plus c'est gros moins tu oublies !

Pat : Je me vois bien noter la liste de mes courses sur le dos d'un éléphant et partir faire mon marché avec lui.

Fred : Entre l'éléphant et la feuille pliée en quatre que tu sens dans ta poche, y'a une marge.

Pat : Sauf si entre temps je change de pantalon et que je fais une lessive...

Fred : Là, tu cherches la petite bête, ça frise la mauvaise fois.

Pat : Sauf que ça m'est déjà arrivé en vrai.

Fred : Ou alors tu apprends par cœur, tu répètes en boucle, tu fais un nœud à ton mouchoir, tu fais une croix au feutre rouge au creux de ta main...

Pat : Y'a aussi la solution de vivre dans l'instant présent, genre moine zen, et arrive ce qui arrive.

Fred : Aussi, oui, sauf que faut pas avoir autre chose à faire.

Pat : C'est un choix de vie...



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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 13:46

 



Pat : Oufff, j'ai fait la fermeture, c'était moins une, enfin bon me voici paré pour le viaduc de l'Ascension, j'ai de quoi tenir cinq jours pleins.

Fred : Qu'est-ce que tu trimballes dans ton sac, ça a l'air lourd ? Des bouteilles de gnôles ?

Pat : Des livres ! J'étais à la bibliothèque, je n'avais plus rien à lire et à cause du ouikinde ascensionnel elles sont fermées jusqu'à mardi prochain.

Fred : Et alors, tu ne peux pas te passer de lire cinq jours ?

Pat : T'es fou ou quoi ! Et même si je ne lis pas, il faut que je sache que j'ai de quoi lire, sinon j'angoisse.

Fred : T'es encore plus dingue que je ne pensais.

Pat : J'sais pas, c'est comme pour les gens accrocs à la cigarette qui gardent toujours un paquet planqué quelque part pour le cas ou. Moi, c'est des livres.

Fred : Tu en as des dizaines chez toi, tu peux toujours relire, ou regarder un film, ou… lire le journal.

Pat : C'est pas pareil. Tu vois, j'ai un bouquin que je garde depuis plus d'un an sans l'avoir lu, je sais qu'il est là et qu'en cas de crise aiguë je l'aurais sous la main, comme d'autre ont de la morphine ou un médicament qui peut les sauver.

Fred : Et tu ne vas jamais le lire ce foutu bouquin ?

Pat : Si, un jour ou l'autre, mais je le remplacerai par un nouveau. Il y en a un autre que je n'ai jamais fini, je sais qu'il est là, qu'il attend, et celui-là je pense que je ne le finirais jamais, peut-être qu'il me suivra dans la tombe ou au crématorium. Finir un livre c'est chaque fois mourir un peu.

Fred : Et ne pas le terminer c'est être immortel ?

Pat : J'sais pas, oui, se dire que tant qu'il est là, on ne mourra pas, je sais que ça peu paraître bizarre...

Fred : Plus bizarre dingue foutrac tu meurs ! Finis donc ton verre avant de mourir et je t'en mets un autre.

Pat : Et ainsi va la vie.



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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 10:02



Pat : S'il y a une chose qui ne change pas c'est la prédominance quasi absolue de l'É. N. A. autour du président de la république. Pas de risque de chômage pour eux.
Fred : Hollande est énarque c'est vrai, comme Valéry, Jacques, Ségolène, Martine, Lionel… mais François et Nicolas étaient avocats, et Georges professeur de lettre. Qu'est-ce qui te gène tant que ça ?
Pat : C'est qu'ils sortent tous du même moule, ils ont été dans les mêmes écoles et se retrouvent trente ans plus tard tous au pouvoir, le premier ministre est de la même promotion que le président.
Fred : C'est bien, au moins ils se connaissent et ont l'habitude de fonctionner ensemble.
Pat : La plupart des conseillers et secrétaires nommés à l'Élysée sont énarques, ça commence à faire beaucoup. Si c'est ça la diversité on est mal barré. Tous sont de hauts fonctionnaires qui n'ont rien connu d'autre. Où est la société civile dans tout ça ?
Fred : Je reconnais que c'est une spécificité française, nous n'avons pour ainsi dire que des politiciens professionnels qui font toutes leurs carrières en politique et pour la plupart ne savent pas prendre leur retraite. Et l'école qui les forme, c'est l'Éna, c'est comme un c. a. p., Certificat d'Aptitude Politique.
Pat : On va voir avec Nicolas… Partout ailleurs, après cinq, huit ou dix ans de pouvoir, l'homme ou la femme quitte la politique et reprend sa vie civile.
Fred : Et je vais te donner raison, la vie civile d'un énarque c'est d'être au sommet de l'état d'une manière ou d'une autre.
Pat : S'ils y avait un clause de non éligibilité à l'entrée de l'Éna, il n'y aurait plus beaucoup de candidats.
Fred : Ce serait anticonstitutionnel.
Pat : C'était une boutade.

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 08:38

 



Fred : Voilà, Hollande président c'est pour aujourd'hui.

Pat : Il y a cinq ans le Kosar préparait ses vacances sur le paquebot de Bolloré, Hollande est déjà aux affaires avant même d'être investit. C'est le gros changement !

Fred : De celui dont on attend rien, on peut tout espérer.

Pat : Vrai, il ne peut y avoir que de bonnes surprises, faire pire que le Kosar c'est pas possible.

Fred : Angela lui téléphone, Barack l'attend, même les Farc colombiennes veulent libérer le journaliste en présence d'un émissaire de Hollande. Président avant d'être président, un beau début.

Pat : Une seule fausse note, et de taille, sa révérence à Jules Ferry, le traitre et massacreur de la Commune de Paris, raciste et colonialiste. Si c'est ça les références de Hollande on est mal.

Fred : Et c'est reparti, il faut toujours que tu trouves à redire, Jules Ferry c'est l'école pour tous, la laïcité, c'est cette image là qu'il veut mettre en avant.

Pat : Il y avait certainement d'autres personnalités plus consensuelles à honorer.

Fred : Ne vient pas gâcher la fête.

Pat : Rassure-toi, je ne regarderai pas la télé, je n'écouterai pas la radio. Ce 15 mai, je cultive mon jardin.

Fred : C'est ça, plante donc des tomates, c'est le bon moment.

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 08:12

 

Indignions-nous !



Fred : “Indignez-vous !” qu'il disait. En France on préfère les urnes.

Pat : Nous avions encore le fusible Sarko à faire sauter, c'est fait, reste à Hollande à tenir la route, sinon ça risque d'être chaud aussi chez nous d'ici peu.

Fred : En Espagne ils ont repris la place Puerta-del-Sol pour trois jours, montrer que l'indignation ne s'est pas éteinte.

Pat : A Wall Street ils ont l'affaire de la banque JPMorganqui vient de perdre 2 milliards de dollars en spéculant ! Et qui refuse toujours toutes règles et tous contrôles.

Fred : Et les Grecs qui n'en peuvent plus.

Pat : Des manifestations en Italie.

Fred : Pour en revenir à l'Espagne, les Indignés n'ont pas cessé d'agir, ils se sont organisés en comités de quartier, en groupes d'entraide pour soutenir les plus mal en point et empêcher des expulsions.

Pat : C'est étrange cet aveuglement des dirigeants élus qui s'accrochent à de vieux systèmes, le capitalisme, la croissance, la finance spéculative...

Fred : C'est qu'ils sont les élus de ce système, qu'ils n'en connaissent pas d'autre.

Pat : Autrement dit il faut attendre l'effondrement total avant de pouvoir repartir sur de nouvelles bases ?

Fred : J'en ai bien peur. Tant que les financiers y trouveront encore un peu d'intérêt, ils défendront ce système.

Pat : On est mal barré.

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 08:48

Présentat'Yve

Les mots agissent

Terra rasa (slamencours)

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