La plume va au vent
comme la vache au taureau
et le clel est plein d'oiseaux

Paru dans "Avec un long nez" / Éd Blankas Poèsie (1987)
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Mercredi 27 février 2008
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                    Le lent demain matin, après une soirée en famille et une vraie nuit de sommeil, mieux qu’un mois de vacances dans la Creuse, Pierre-Nicolas en tombe du lit dès sept heures, réveillé, ce qui tient du miracle. Avec un peu de chance il ne sera pas en retard au boulot. Il descend la rue Pierre-Blanc, passe devant « La Plume Noire », librairie de la fédération anarchiste, elle est toujours là, intacte. Il y a à peine deux mois, les fafs y ont foutu le feu, bien dans leur tradition ça, brûler les livres, les bibliothèques…
Il sifflote comme un pinson des îles, ne remarque pas la Mégane médoc qui démarre doucement et commence à le suivre, pas plus que les deux types en train de causer au milieu du trottoir et qu’il devra forcément déranger. Au bas de la rue, il aperçoit le clocheton de la mairie, rose très pâle à cette heure matutinale.
La voiture est presque à sa hauteur quand il rejoint les deux hommes, un grand costaud et un plus petit, le gringalet doit être un poil métis, genre antillais.
Et là, une demi-seconde avant que… l’anticipation, l’intuition, le septième sens, appelez ça comme vous voudrez, ajoutez-y une pincée de réflexe d’acrobate et… mieux que sur la Une, la vraie cascade, pile au moment de se faire mettre la main au collet, il explose en fosbury flop au-dessus du capot et entame sur les chapeaux de pieds une course de côte. Remonte à fond les Carmélites et à droite toute, les sbires et la tire à ses trousses. Il connaît ses Pentes comme le fond de son slibar. Le matin, les allées sont ouvertes, poubelles obligent, ça traboule facile, et toc, couloir, étage, ressortie côté du Bon-Pasteur, la voiture pourra toujours essayer de suivre. Un bout de la montée Allouche, re-traboule et là :
    Venez-y mes mignons, je vous attends, trois sorties possibles sur deux rues et un escalier, verra bien si vous êtes malins.
Il souffle, l’oreille tendue, rien ne se passe, une minute, trois, cinq, sept, il se décide pour un coup d’œil rue de l’Alma, la moins probable, ou alors il faut connaître le circuit.
Mais non, ambiance estivale à cette heure. Il file de biais, rue de Crimée, allée de traverse, Pierres-Plantées, toujours personne, il remonte en direction du métro, essaie de calmer un léger tremblement et de faire passer sa pulsation cardiaque d’environ trois mille tours minute à quelque chose de plus raisonnable, le tout sans se faire remarquer.
    Y a plus de doute petit gars, t’es dans le merdier, et sans savoir le pourquoi du comment… « je me souviendrai, je ne vous oublierai pas », ouais, je vois qu’elle, mais bon sang de bonzou de bouchon, qu’est-ce que je lui ai fait ? Elle avait pas la gueule d’une terroriste, y z’ont eu Kelkall au ball-trap de Maison-Blanche, et depuis le 11 septembre c’est Vigipirate jusqu’à la saint Glinglin, la dope coule sur les Pentes comme la Saône en crue de printemps, et moi…
— Merde !
Mégane droit devant, portière passager ouverte. Demi-tour, gorille à l’arrière, coincé. Une seconde, moins, pour l’échappatoire… trop tard. Les deux singes le chopent, le soulèvent de terre, et king, kong, pang, sur la banquette arrière, encadré comme un portrait d’ancêtre, le canon d’un flingue dans les côtes. Ni vu ni connu, fin prêt pour une promenade en taxi brousse. Son chauffeur et ses gardes du corps connaissaient le terrain aussi bien que lui ; c’est une info. Motus et bouche cousue, Pierre-Nicolas ne pipe pas mot. Il écoute.
C’est le conducteur qui joue le rôle du conférencier. Propre sur lui, il porte Rayban, cheveux courts en brosse, gants de conduite, la quarante-cinquaine autoritaire façon para reconverti.
Où il est question d’un colis perdu une certaine nuit, une bricole, qui a sa valeur, sentimentale il va de soi, des bijoux de famille en quelque sorte. Bijoux qu’il n’est jamais agréable de perdre, alors si par hasard quelqu’un les avait trouvés, il serait grandement remercié en les rapportant à leur légitime propriétaire.
Pierre-Nicolas se rassure un peu, il explique qu’il n’a trouvé ni bijoux ni rien qui y ressemble, qu’on le confond sûrement avec un autre. Sa réponse ne semble pas convenir.
— Bijoux, c’est une manière de s’exprimer. On s’est un peu renseigné sur toi, tu as l’air d’un type bien, pas d’embrouille, casier vierge, ce serait vraiment dommage de mal tourner, à ton âge.
Il essaie de recoller les morceaux, d’un coup sa petite vie tranquille se complique singulièrement. Il demande, presque timide, si c’est à eux qu’il doit son déménagement.
Il n’a pas plus de chance avec les questions. En guise de salutations le gringalet range son pistolet dans sa poche. Le costaud empoigne Pierre-Nicolas à bras le corps, le tourne d’un quart, face à l’autre qui ouvre la boîte à cogner, et pif, paf, aller retour direct dans les côtes, et rebelote, une deux trois fois. Gong ! Fin du premier round.
Pierre-Nicolas frise l’asphyxie, épaules aux limites du déboîtement, bouche ouverte, regard fixe.
— Si ça craque, tu seras obligé de te reconvertir au foot.
Les trois se bidonnent à l’évocation d’une équipe de pingouins footballeurs.
— Bon, fini de plaisanter, si tu veux me joindre, tu vas au Moulin-Pourri et tu dis au patron que t’as rendez-vous avec monsieur Beaujol, c’est tout. Nous, nous saurons toujours où te trouver. Compris, répète !
Il perroquette sagement. Blanc comme un linge de messe, les yeux presque sortis des orbites, l’impression que l’autre est en train de lui arracher doucement les bras, les ailes, sensation d’être une mouche entre les mains d’un enfant joueur et curieux.
— Vas-y, échauffe-lui encore un peu les abdos, et on le dépose près de son turbin, il ne faudrait pas qu’il soit en retard, les mômes ne seraient pas contents.
Gringalet a les poings durs, que de l’os, il doit tirer en coq ou super-coq, il assaisonne au corps, comme avec le sac. La voiture ralentit, se gare le long du trottoir, le gorille descend, Pierre-Nicolas toujours collé à lui, il lâche d’un coup et good bye.
Le cul par terre, les poumons tout petits, souffle court. Jet de l’éponge. Il essaie de se relever, prend appui contre un mur, des deux mains. Il attend, plusieurs minutes. Il se tâte, grimace, un pas, puis un autre, grande bouffée d’air… plié en quatre, il vomit son thé, tousse, manque de s’étouffer, les yeux pleins de larmes.
— Merdre, merdre, merdre !
Deux gamins le regardent. Demandent s’ils doivent aller chercher du secours.
Il fait non de la tête, dit qu’il a dû avaler de travers, qu’il les rejoint dans cinq minutes.
Les gosses s’éloignent, le laissant dos au mur.
     Bon, c’est pas le tout, maintenant faut que j’assure, au moins jusqu’à demain. Ensuite j’aviserai.
Il se redresse, rien ne s’écroule à l’intérieur, juste une grosse envie de pisser qui monte à mesure qu’il se décontracte. Il entre, va directement aux toilettes.

        En fin d’aprème, crevé mais content, la joie du travail accompli. Les enfants du centre de loisirs ont été sympas, ils progressent vite. Il est malgré tout un peu soucieux et courbatu. Il se masse les mains, ses articulations sont gonflées par la chaleur, l’effort, l’alcool aussi, et puis cette douleur dans l'épaule droite, premiers signes de rhumatisme.
Il se dit qu’il ne fait pas bon vieillir. Que d’ici un an ou deux il devra raccrocher. Il hume l’air pollué de la ville et s’imagine en retraité jouant à la pétanque sur la place d’un village « France profonde », retour aux sources.


           Vacances et fin de semaine, étranges concepts réservés aux travailleurs au long cours. Pour un précaire intermittent sans le sous et maintenant sans domicile, compter les heures, les empiler et se demander qu’en faire, voilà une occupation qui prend du temps. Sur les bords du Rhône, Pierre-Nicolas jette des petits cailloux dans l’eau, cause aux canards et aux cygnes, médite sur la vie en péniche, une de celles qui sont amarrées là, qui pourraient bouger et qui ne bougent jamais, villas flottantes pour bourgeois-bohèmes, bourgeois à nonante-neuf pour cent. Lui qui a la bohème pour quotidien rêve d’une petite maison dans son écrin de verdure. Un chez soi où il pourrait rentrer après ses trois demie-journées de labeur hebdomadaire.
Éric était censé le récupérer en voiture à midi. Et Éric n’est pas venu. Les sacs sont restés au centre, Pierre-Nicolas ne sachant trop que faire de sa peau, il a échoué sur les quais. Il lève le nez, au soleil il ne doit pas être loin de, ajouter deux heures, ce qui nous donne…
— Salut p’tit gars, ça mord ?
Le type s’assoit à côté de lui, il ne l’a pas senti venir. Petite décharge d’adrénaline, il le détaille, se rassure. L’homme porte un long pardessus d’hiver marron cendré, les cheveux plus gris que noirs, il doit titrer la cinquantaine, belle carrure, une tête de mieux que Pierre-Nicolas. Les chaussures sont celles d’un grand marcheur, à moins qu’elles n’aient été récupérées dans une poubelle. Le pauvre dans toute sa splendeur. La conversation s’engage par les présentations, l’homme se prénomme Fernand.
L’ombre du pont Wilson et le courant d’air fluvial les protègent de la canicule.
Fernand émet un bruit de bouche, manière de faire entendre que la gorge est sèche et qu’un peu de liquide… Pierre-Nicolas comprend que l’approche n’était pas désintéressée. N’ayant rien à boire, ni à dire, il continue de jeter des petits cailloux dans l’eau, ronds dans l’eau, dans l’air, tout ce qu’il sait faire, des ronds, ça amuse les enfants, ça dure jamais longtemps. Les paroles s’envolent et de fil en anguille Pierre-Nicolas raconte à Fernand qu’il s’est fait virer de son appart’ rapport à de vieux loyers, qu’il vient de terminer un boulot, et que là, ben… Rien.
— T’as de quoi payer un canon ? J’connais un rade pas cher, ils ont un Côtes-du-rhône tout ce qui a de plus…
Pierre-Nicolas se met à chantonner. « Dans tous les pays, dans tous les quartiers, y a des p’tits bars avec de drôles d’histoires. » Tu connais ?
— Non, c’est une chanson ?
— Oui, la Baronne, une fille de la région, c’est bien ce qu’elle fait. T’es déjà allé sur la péniche, la bleue, celle qui fait café ?
Fernand ne semble pas emballé.
— Laisse tomber, y sont gentils mais c’est comme l’autre là, celui qui fait pousser de la pelouse, t’habites sur un bateau et t’es obligé de tondre l'herbe et de tailler les arbres.
— Le mec qui me réveille avec une tondeuse à gazon sur mon rafiot, je le torpille.
Ils se lèvent en rigolant, à eux deux ils ont assez pour se jeter quelques gorgeons au fond du gosier.
Attablés devant leur ballon de Côtes, ils se racontent les dernières, puis d’un coup, Fernand dit qu’il connaît un petit appartement, 14e étage, tout équipé, matelas, eau courante, ni gaz ni électricité, mais Butagaz n’est pas fait pour les rats… Précision qui vaut son pesant de sueur, l'ascenseur est hors service. Pierre-Nicolas écoute, rêveur, s’y voit déjà, avec vue sur la mer. Sauf que Lugdu Sud, pour voir la mer, il faut attendre le jour où Rhône-Chimic fermera ses usines.
Fernand est en verve, une agence immobilière lui proposerait direct un job de commercial, d’autant que l’argument final est imparable, le loyer c’est zéro euro, libre de suite, emménagement immédiat.
— T’as des meubles ?
Il n’y a pas pensé, tout ce qu’il avait, c’était de la récup’, et vu l’état après le passage des vengeurs masqués, il n’y a aucun regret à avoir.
— J’ai deux sacs chez un pote que j’arrive pas à joindre. Deux autres en attente et que je devais récupérer aujourd’hui plus une machine à laver. C’est où ta résidence « Bon logis » ? Ne me dis pas que…
— Aux  Pâquerettes, y a un blème ?
— Non, une chance que je n’aie pas de bagnole.
— Rigole, c’est fini la guerre, et une fois que t’es connu, il ne peut plus rien t’arriver, comme au village.
Pierre-Nicolas réfléchit un moment, se dit qu’il n’y aurait que des avantages, vu qu’en ce moment… Sauf qu’il faut qu’il se démerde pour récupérer son bardas au centre de loisirs. Il propose un rendez-vous en fin d’après-midi pour la visite.
— Tope là, même endroit dix-neuf heures.
Ils finissent le pot et se quittent, copains.

        En arrivant chez Éric, Pierre-Nicolas apprend par Julie qu’Éric est sur un plan d’enfer, un contrat dans la Drôme, un petit festival en manque de D.J. Il ne rentrera que demain. Autrement dit, plus de chauffeur. Julie, bonne fille, se propose en remplaçante, sa potine Anaelle lui prêtera sa Panda, pour peu qu’une chauffeuse ne l’effraie pas. Il peut garder les clés de l’appart et passer la nuit ici, il n’y a rien qui presse, vu que ce logement aux Pâquerettes, c’est pas gagné.
Le tout suivi d’un mâchon avec la belle, et d’un petit somme, sans la belle.
L’heure du rendez-vous est là, presque en avance, hop’, une bibine pour la route, en avant toutes.
Alea jacta est.

à suivre...

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Mercredi 27 février 2008
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“ Être humain, sexe masculin, entre deux âges, état de santé passable, propre sur lui, discret, sait faire du ménage, les courses, un peu de cuisine, pisser le chien et plus si affinités. Adoptez-le ! “

        Sidoine lit et relit son annonce. Aura-t-il le culot de la porter à un journal ? Le canard acceptera-t-il de la passer ?
Le gris de novembre filtre au travers de la vitre sale du vasistas. Sidoine n’est pas à proprement parler un sans logis, il a un toit sous un toit, une soupente, ce qui a dû être la chambre d’une demi-bonne et depuis quelques décennies un grenier, 3 m x 2 m et puis rien. Il y a apporté un matelas de récup', une planche posée sur une caisse en guise de table basse, son bleuet, son sac à linge, bref, son kit de survie. Seul luxe en cette saison, un vrai bon duvet de montagne, avec capuche, un miracle trouvé chez les Petites sœurs des pauvres. Pour une fois, sans même le faire exprès, il avait été le premier et le plus rapide.
Côté finances, pas non plus à se plaindre, Rémi passe une fois par mois, une vraie rente versée par l’état.
        Sauf que là, il en a marre, et qu’on ne vienne pas lui dire qu’« yniaca », se bouger, se chercher du boulot, se trouver une femme, et patati et patata… Il a tout essayé, même d’aller voir un psyquelquechose, ce con a trouvé qu’il allait bien, non mais je vous jure. Ça le met en rogne rien que d’y repenser.
Les petites annonces rubrique – Rencontres/mariages –, rien, les agences matrimoniales, Rémi ne voulait pas. L’Anpe, l’intérim, rien, encore rien. C’est sûr, il ne va pas tarder à craquer. Alors, une dernière idée, se faire adopter. Y en a bien qui prennent un chien, un chat, qui s’achètent un enfant exotique. Alors pourquoi pas un homme de compagnie, il y en a des gentils, lui par exemple. Il ne sent pas mauvais, fait pipi bien dans la cuvette des vécés, ne mange pas beaucoup, fait sa vaisselle, il aime aller faire le marché… ce serait une bonne affaire de l’adopter. Même pas besoin de l’emmener en vacances, il veut bien garder la maison et arroser les plantes.
Problème, il n’a ni adresse officielle, ni téléphone, il faudrait que les gens lui écrivent au journal, ça doit être possible.
Bon, aura-t-il ou n’aura-t-il pas l’audace de pousser la porte, de montrer son papier. Des sous, il en a, Rémi est plus que suffisant, la tête de son assistante sociale le jour où il lui a dit qu’il arrivait à faire des économies. Il n’aurait pas dû, sauf qu’il ne sait pas mentir, même par omission il a du mal.
– Bon , j’y va, j’y va pas ?
Un moment déjà qu’il tourne autour du pâté de maisons, c’est vrai que ça ressemble à un pâté pas frais.

– À la lune, à la gueuze…
        Ça y est ! Même que ça les a fait rire, ils se sont tous passé l’annonce, la petite nana a appelé le chef. Sidoine, très digne, très calme, a laissé passer l’orage, il ne savait pas vraiment si c’était du lard ou du sanglochon.
Bref, l’annonce passera demain, domiciliée au journal et gratos en plus. Ils veulent des nouvelles, suivre l’affaire, de loin, ils respectent son intimité, mais quand même, ils veulent savoir.
C’est ça le prix.
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Mercredi 27 février 2008
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Solitude


Au nom du sang         du sans nom
Du sans sol                au nom du sol

                    Sang

Bon sang ne saurait ment’
A feu et à                  faire couler le

                    Sang

Sol boit le sang         l’éponge   s’en imprègne
Sol vampire et          Sang répandu devient sol
Fertilise         Sang    ensemence    sol

Au nom du sens        du nom
Sens    non sens       du nom     du sol     du sang

Sur le sol    en lettres de sang
Trace         un signe de vie

Le sol tremble       le sang se fige
La ligne de partage s'évapore    s'effiloche
Encore la peur
En sous-sol       sans le sous    rat de cave      dos au mur

Dégoût du
                     Sang

Élus
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Mardi 26 février 2008
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MM1-copie-1.jpgmon premier n’est pas à vendre
mon second n’a pas de prix
mon tout ne fait qu’un













perdre le fil
continuer de tisser le vide
le cul entre deux rêves
choisir d’être pauvre
revendiquer le droit de vivre
devenir riche est bien trop fatiguant
 
Aurillaspect.jpg

Canoe1.jpg
 
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Lundi 25 février 2008
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Bonjour,

vous voici sur le blogue perso de Yve Bressande.

Poète diseur de poésie, écriveur bricoleur voleur passeur de mots…
Vous trouverez des poèmes, des nouvelles, du théâtre et un roman (inédit à ce jour) qui sera publié en feuilleton. Si vous accrochez au début abonnez-vous à la News pour lire la suite !
Et aussi une ébauche de journal photomatonesque en cours de construction...

Au départ, l'idée était de réaliser un blogue sonore. Il semble que ce soit difficile voire impossible. Les poèmes, le théâtre, mais aussi certaines des nouvelles sont écrits plus pour être entendus que lus… Essayez donc la lecture à haute voix !

Et j'allais oublier alors que c'est quand même un des buts du jeu.
Laissez des commentaires, je pourrai les lire, les autres lecteurs aussi et ainsi peut-être naîtra un blogue polylogue polymorphe polyglotte en restant toujours poli.

C'est parti !

Parents attention, certains textes … les enfants.
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Mercredi 20 février 2008
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I

Écrire nu sous un lampadaire
à trois heures du matin
insommnuit

sauter du lit
pour ne pas perdre  la le
regarder vers le bas
ventre rond et blanc
les pieds dans le flou
un poil grotexque
lapsus grotesque mais bien réel lui

«être l’être inexacte»
réminiscence non identifiée

écrire nu

aller/retour     et oublier
oublier ce pourquoi quoi    écrire
espiègerie de neurones     de mémoire
et retour au lit  au noir  toile grise

Laisser les lunettes sur le bord du clavier
sûr de les retrouver
et se sauver - Pomme «S»
s’apercevoir que l’on est hors de
c’est tout
c’est pas grave, c’est juste un en dehors du
de l’autre, d’un,
mettre des virgules,
c’est important, les virgules,

arrêtez de vouloir être exacte,
obsédant,   trouver la référence,
laissez vivre la part du, le trouble dans,
l’inexactitude attitude,
pour, oui pour, c’est bien «pour»,

un poète est mort ce soir
comme le lion, un vieux, un peu détraqué
jouet cassé, répétitif, re réécrire   chronosique
et un autre hier, jeune, beau, talentueux
quelle merde

Les noirs qui passent ont le crâne rasé, brillent,
synchronicité, sans trop savoir ce que cela veut dire,
en bruit de fond, voix, acteurs de,   théâtre,
France Cul en sourdine,
mettons encore une virgule, pour voir,
comme au poker,

menteur
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Vendredi 15 février 2008
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Présentat'Yve

Terra rasa (slamencours)

Les mots agissent

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