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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 17:43
J'ai vu l'ours !

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Un grand, comme dans les contes & légendes, debout, en contre jour, pile en face ; face à face. D'où sort-il ? Que veut-il me dire ?

Sauver sa peau, la peau de l'ours, d'ours brun, blanc, d'ours des cavernes, de Papa ours dans Boucle d'Or, du Nounours de Bonne nuit les petits…

 

Retour arrière, souvenirs, à l'occasion d'un séjour en haute Ariège ; nous étions là pour un colloque ou une assemblée associative, logés dans une colonie de vacances (je sais on ne dit plus colonie, c'est dommage, encore un beau mot dévoyé).

Mon fond ethnosociomachinchose m'a amené, avec un collègue, à descendre au village prendre un café ; le bistrot du coin, y'en avait qu'un, bien vieux, comme on les aime. On entre, le silence se fait, normal, on s'assoie dans un coin, on demande ce qu'il y a comme gnôle locale, c'est l'heure du pousse, on a fait le bon choix, l'atmosphère se détend, les conversations reprennent… on en commande un deuxième ; comme on a pas l'air méchant et qu'on est pas habillé en écologauchomamérobio, un jeune gars nous demande gentiment si on vient de la colo ; et nous on explique que oui, qu'on réunionne, bla bla bla... je ne sais plus qui ni comment ; forcément ; arrive l'Ours ! Un grand, comme dans les contes & légendes, debout, en contre jour, pile en face, face à face. D'où sort-il ? Que veut-il nous dire ? Sauver sa peau, la peau de l'ours, la peau du dernier ours des Pyrénées.

Dans leurs yeux, ceux des hommes ; dans mon souvenir/rêve, il n'y a que des hommes ; une lumière s'allume, lumière chaude, petite flamme, dansante, je regarde mieux, à terre je vois un feu entouré de pierres, en élargissant, les hommes autour du feu, et puis sur les parois de la caverne ; démultiplié, l'Ours.

50 000 ans de chasse à l'ours danse dans leurs yeux, 100 00 ans peut-être, les mêmes ; homopaleopyrénéeus. Ils sont là, en face de nous, dans la grotte ; dans ce petit café du XXIeme siècle, carrure de rugbyman, poilu, l'œil vif ; jeunes, moins jeunes, tous n'ont qu'un rêve, qu'une idée fixe, chasser un ours ; en buvant un coup ils chassent l'ours, en pissant ils chassent l'ours, en baisant ils chassent l'ours, en allant au boulot ils chassent l'ours, en rêvant ils chassent l'ours ; à la chasse s'ils tirent sur un lapin ou un truc en plume, c'est quand même un ours… c'est dans leur gènes, transmis de générations en générations depuis la nuit des temps !

L'ours est là, debout, nous observant, le dernier ours des Pyrénées.

Je le regarde, avec la certitude qu'il y en aura forcément un, chasseur d'ours, pour le tuer, lui le dernier.

Il sera le dernier chasseur d'ours à pouvoir dire, se vanter, s'enorgueillir d'avoir tuer l'Ours. Et après ?

Vision de longues files d'hommes descendant de la montagne ; exode ; suivent les femmes et les enfants, la montagne se vide.

Où vont-ils ? En Slovénie ? En Hongrie, Croatie, Autriche ?

Un pays où l'ours immémorial vit encore. Car tant qu'il reste UN ours, ils peuvent en rêver, poursuivre le rêve commencé il y a 100 00 ans, leurs enfants peuvent rêver, et ils pourront transmettre ce rêve à leurs enfants, petits enfants, et pour 100 00 ans encore.

Mais sans l'ours, il leur restera les parois de la caverne et peut-être, sans doute, un jeu vidéo sur tablette ou smartphone intitulé "La chasse à l'ours".

 

Les effets de l'anesthésie se sont dissipés, je conserve en mémoire ce rêve étrange, je vous l'ai raconté, minuscule espoir que le feu immémorial renaisse de ses braises.

 

Le monde va bien ! Laisserons-nous s'éteindre l'ours ?

 

La seule manière de vivre, de rêver, dans ces montagnes et ailleurs, c'est de vivre avec l'ours ; Tout les ours !

Mal léchés, mal embouchés, ours de foire, ours en peluche, ours polaire, panda géant, ours en noir & blanc & en couleurs, ours à collier, à lunettes, à turban, à béret, à capuche !

 

Le monde va bien ; invitons l'ours autour de notre feu.

J'ai vu l'ours !
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 18:23

Crotte crotte crotte

Merdre de merdre

 

Une merde de mammouth

Là en travers du chemin

Au milieu du trottoir crottoir

Quel monstre l'a posée là

Obligé de descendre dans le caniveau

De passer en face

Merde de Canis lupus familiaris entré dans la ville

Ou d'homo copro degueulassis en incontinence noctambule

 

Crotte crotte crotte

Merdre de merdre

 

Une chiure de chihuahua ça ressemble à quoi

Ça ressemble à ça

À une catelle de bique un grain de raisin →

Incruster sous la semelle

Ça pue comme trente six pets de lapin

Mémère doit le nourrir à la barbaque fraîche

Impossible de s'en débarrasser /

Faire celui qui ne s'est aperçu de rien

 

Crotte crotte crotte

Merdre de merdre

 

Gaffe à ne pas passer sous ce platane

Perchoir à sansonnets chieurs

Ni sous ce câble de passerelle suspendue

Balançoire à goélands argentés et mouettes à tête noire

Port du chapeau Casquette obligatoire

Sans parler des pigeons déféqueurs en plein vol

Et ce fichu moineau qui vient caguer dans ma bière

 

Crotte crotte crotte

Merdre de merdre

 

Plus d'un rat par habitant qu'ils disent

Où est-ce que les rats chient

Qui dit rats dit' chats chient dans les bottes

Et tous ces poissons qui se lâchent dans le fleuve

Tous ses tuyaux boyaux sous nos pieds

Autoroutes à merde

Nuées de mouches bleues noires vertes

 

Crotte crotte crotte

Merdre de merdre

 

À la campagne

Les petits oiseaux chantent

Il y a les papillons

L'air est respirable

Le ciel bleu

Sur le fumier pousse des courges énooormes

Crottins purins fument les champs

La bouse sèche brûle dans la cheminée

 

Crotte crotte crotte

Merdre de merdre

 

Il n'y a bonne merde que verte

Expulsée en plein air

Qui retourne à la terre

Et comme le dit mon amie Berthe

Arrêtez de chier sur la bitume

Nom d'un mammouth en rut

 

 

yve bressande 02 16

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 17:10

Fred : Salut à toi Ô Titane Céramique nique nique ! Te voilà outillé pour des siècles des siècles.

 

Pat : Semi outillé mon pauvre... y se trouve que je joue sur deux quilles ; et en ce moment quatre pattes et zéro main.

 

Fred : Plains-toi, y pourraient te les avoir coupé tes pattes, t'es pas encore cul de jatte ! Bon, tu fais quoi de tes journées, on te bouge un peu ?

 

Pat : Le matin après le ptit déj' je commence par quatre pages du Ulysse de James Joyce avec deux gélules paracétamolisées pour faire glisser.

 

Fred : Tu te fous de moi, c'est juste bon pour te ramomoliser le yaourt ça ! Ulysse, tu le relis ? ? ?

 

Pat : Non, j'ai commencé le tome 1 il y a 26 ans, j'en suis à la page 399...

 

Fred : Et tu penses le finir bientôt ?

 

Pat : J'sais pas, p'être à la deuxième hanche, cet automne.

 

Fred : Il y a combien de tome ?

 

Pat : Deux dans l'édition folio

 

Fred : Presque trente ans par tome, ça va t'obliger à vivre jusqu'à au moins nonante ans ça !

 

Pat : On peut le dire, sauf si je me prends un truc bien long bien gravos.

 

Fred : Très chic tes bas résille noir.

 

Pat : Une dame blanche vient me les enfiler tous les matins.

 

Fred : Ah ouiais ! Et ensuite tu fais les couloirs en aguichant les mamys et les papys ? C'est pour payer ta piaule ?

 

Pat : Presque... à suivre une partie de jambes en l'air, on fait ça en groupe.

 

Fred : Waoouuuuuuu ! La rééducation par la partouze ; je crois que je vais me casser une guibolle.

 

Pat : Un genou c'est mieux, tu resteras plus longtemps. Ça te fera un stage de sensibilisation à la vie en maison de retraite. Bicoze moi ici je fais figure de gamin, notre doyen à nonante et deux ans ! À table une phrase sur deux commence par : « C'était mieux avant. » l'autre par : « Dans quel monde vivrons nos enfant/petits enfants ? »

 

Fred : Tu as une idée de ta date de libération ?

 

Pat : J'ai posé une perm' pour le ouikinde, j'espère qu'elle me sera accordée. Pour la fille de l'air on verra la semaine prochaine.

 

Fred : C'est quoi ce truc ? (il feuillette un polycopié)

 

Pat : Un livret conseil des gestes à faire et à ne pas faire.

 

Fred : Ah ! J'ai cru un instant que c'était un condensé du kamasutra.

 

Pat : Cette page là... comme tu vois il ne reste pas beaucoup de place pour la fantaisie.

 

Fred : Eh ben bon vent mon Petit corps branlant. Ça ne t’empêchera toujours pas d'écrire des poèmes à la mords moi le nœud.

 

État de marche... ?
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 21:36
2016 résurrection 2

 

 

Pat : J'y ai pris goût, cette année j'ai décidé de repasser l'hiver au chaud.

Fred : Quoi, tu vas encore tu faire changer le cœur ?

Pat : Non, en janvier ce sera la première hanche.

Fred : Tu t'es mis à la clarinette ?

Pat : Non, une hanche en titane et céramique, du lourd, du solide, du dur qui dure.

Fred : Vu le nombre qui se font changer ça, d'ici quelques siècles nos cimetières vont devenir des mines. Il y avait déjà les dents en or, les couronnes en argent et métaux divers, les stérilets en cuivre...

Pat : C'est pas con c'que tu dis, je me demande si les croques morts y récupèrent la ferraille après les incinérations ou si ils mettent tout dans l'urne.

Fred : Si ils recyclent, ils doivent se faire une jolie cagnotte !

Pat : Enfin bon, j'en suis pas encore là, j'espère juste que ce sera fait une bonne fois pour toute, que le bail est de trente-six ans.

Fred : Tu pourras de nouveau courir après les filles sans faire la grimace.

Pat : T'es con, j'espère surtout ne plus avoir mal. Je ne me souviens même pas comment c'est de marcher en pensant à autre chose.

Fred : Faut d'abord faire la deuxième pour ça, bicoze avec une tu seras bancal.

Pat : C'est que qui m'emmerde le plus, de me dire que je devrais y repasser. Tu te motives pour la première, mais après... enfin bon, ça fait dix ans que j'attends ça.

Fred : Ah oui, c'est vrai qu'avant t'étais jeune, et maintenant t'es passé sur la rive des vieux.

Pat : C'est ça, et je vais rajeunir, enfin j'espère.

Fred : Tu vas béquiller un moment ?

Pat : J'sais pas, certainement quelques semaines, le temps que ça cicatrise et que les muscles se remettent en place.

Fred : Et tu vas aller dire tes poèmes avec la béquille ?

Pat : J'sais pas, pourquoi tu te marres ?

Fred : Excuze-moi mais... si tu montes sur scène avec une béquille tu vas pouvoir changer de pseudo.

Pat : J'comprends pas...

Fred : Ben con, tu pourras te faire appeler “Petit corps bancal” ! Et peut-être qu'enfin tu deviendras riche et célèbre !

Pat : T'es vraiment con quand tu t'y mets !

Fred : Ou mieux ! Petit corps branlant !

Pat : Et tu trouves ça drôle ? J'ai jamais pu supporter ce mec qui fait pleurer dans les chaumières en mettant en avant son handicap.

Fred : Quand même, tu devrais essayer, j'te jure que tu feras rigoler toute la salle.

Pat : Pis quoi encore, faudra aussi que j'écrive des niaiseries et que je marmonne ?

Fred : Depuis que t'es passé au jus de fruit tu deviens chiant !

Pat : Bébert remet une dose au monsieur là.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 10:02

         Ta boue te colle à la peau / Ta boue tu la portes sur toi / Ta boue tu la portes en toi / Tu es ta boue / Tu n'as pas le choix / Ta boue est toi / Ta boue parfois elle déborde / Tu chies ta boue jour après jour / Ta boue elle te colle au cul / Ta boue elle te colle aux semelles / Ta boue trace ton chemin / Tu chemines et tu rends ta boue à la Terre-mère de toutes les boues // Mâleboue //

Je hais ta boue ; ta boue tu la laisses dehors ; tu enlèves tes pompes ; tu mets les patins ; tu vois pas que je viens de cirer le parquet ; tu me refais ça une fois t'es interdit de séjour ; je ne suis pas ta bouseuse // La rage //

Tu es la boue / Tu es la boue rage & tes pas tuent rage / Tu bous de rage / Tu es interdit de ses jours / Ses jours sont comptés / Tu peins ses jours à la boue / Tu chasses ses jours de ton esprit / Tu à rebours de sa boue // Mots de l'âge immémorial //

Je hais ta boue ; quand tu en poses une tu pourrais tirer la chasse ; tu empuantis l'air ; tu es un marécage ; tu es un marigot ; tu es un mariboue ; tu me bouffes l'oxygène // Asphyxie //

Paquet de boue / Tu y plonges tes mains / Tu la façonnes / Tu la formes à son image / Tu lui pétris la face / Tu lui refais le portrait / Tu la remodèles / Tu la transcendes / Tu en fais une Monabouse tabou // Éboulement //

Je hais ta boue ; tu me prends pour un conne ; tu crois que je vais supporter ça encore longtemps ; je ne suis pas ta serpillière ; je m'appartiens encore // Essorage //

Tu vomis ta boue / Tu deviens maboule / Tu te liquéfies sous l'orage / Tu te dessèches sous le soleil de midi / Tu ne te ressembles plus / Des cornes te poussent sur la tête une queue au bas des reins des sabots à la place de tes pieds / Ton sexe gonfle s'allonge se dresse se démesure // Excroissance //

Je hais ta boue ; je suis à bout ; au bout du rouleau ; encore un jour comme ça et je me casse chez ma mère // Rupture //

Monument de boue / Tu es debout / Tu es dressé / Tu es totem / Tu es clocher / Tu es minaret / Tu es tour de Babel // Érection //

Je hais ta boue ; non mais tu t'es regardé dans une glace ; tu n'as plus rien d'humain ; tu devrais te faire soigner ; ne m'approche pas ou je hurle ; va rejoindre ton troupeau ; vieux bouc puant // Vapeurs méphitiques //

Le feu te brûle / Le feu est en toi / Le feu est ton salut / Le feu est ton à venir / Le feu est ta vérité / Le feu est ton éternité / Le feu te cuit / Tu es lave incandescente // Nuées ardentes //

Je hais ta boue ; mais qu'est-ce que je vais pouvoir faire de ça ; que vont penser les voisins ; il est dur comme de la pierre ; chaud comme une braise ; il pèse une tonne ; et ce vit turgescent ; appelez les pompiers ; appelez la police ; appelez le mollacurabin // Piédestal //

Hier tas de boue / Œuvre sacrée aujourd'hui / Le monde t'admire / Tu es la beauté / Tout de boue cuite / Parfumé de cendre et de souffre / La fesse du bouc te renie / La foule t'acclame / Tu n'es à l'image d'aucun dieux / Tu es le tabou debout / Le tabou érigé / Tu es le veau d'or / Nul n'osera plus te malmener / Dur à cuire mâle menée // Imputrescible //

Idole de la nuit des temps // Tabou

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 11:08

 

Vivons   Vivons   Vivons

 

Vivons vivants   vivons vivants

Nous vivants sur petite planète bleue

Nous vivants sur la rive des morts

Nous vivants animaux grégaires

Nous vivants animaux à territoire / terrhistoire

Nous vivants hexagonalement

Nous vivants autour de notre nombril

Nous ce jour 7 344 727 157 humains

Individu nous ne sommes rien d'autre

Que 1 / 7 344 727 157 ième d'humanité

Et ça ne pèse pas lourd

Un 7 344 727 157ième d'humanité

Ce n'est pas viable

Un 7 344 727 157ième d'humanité

L'individu nu n'est pas viable

L'avenir de l'humanité est collectif

L'avenir de l'humanité est coopératif

L'avenir de l'humanité n'est pas gagné

 

Collectivivons   Collectivivons   CollectiVivons

 

yve bressande / 22 11 2015

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 10:07
Lumières !

 

À Nath J (éclairagiste au Bataclan)

& les autres morts & vifs

Camera obscura

Lumières !

Les feux de la rampe

Lumières !

Show must go on

Lumières !

 

Tu imaginais Lumières

Tu vivais Lumières

Tu étais Lumières

Servante

Lumières !

Veilleuse

Lumières !

Éclairageuse

Noir

Ils ont essayé d'éteindre tes lumières

Ils ont essayé de couper le son

Ils ont réussi à te tuer Lumières

Noir   silence

Au Bataclan   dans nos tripes   en terrasses

« Nuit & Silence »

Un très mauvais titre

Une très noire histoire

Une trop tragique fin

Noire

Du noir tu renaîtras Lumières

Dans le noir tu entendras la musique Lumières

Ton spectre réapparaîtra Lumières

fiat lux

Tu danseras à nouveau Lumières

La nuit reculera

 

C'est ce qu'on dit

C'est ce qu'on se dit

C'est ce qu'on croit

C'est ce qu'on espère

 

Six pieds sous terre il ne doit pas faire bien chaud

Six pieds sous terre la musique ne doit pas bien passer

Six pieds sous terre il n'y a plus de jours

Six pieds sous terre il n'y a plus de nuits

 

Lumières !

 

Des bougies se sont allumées

 

Lumières !

 

Au matin le soleil s'est levé

 

Lumières !

 

Depuis des enfants sont nés

 

Lumières !

 

 

Si la nuit naît de la disparition de la lumière

apprenons la lumière aux enfants

peut-être l'avenir s’éclairera

 

Lumières !

 

yve bressande / 13 22 11 2015

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 10:09

 

Essayer de ne pas mourir avant la fin

Ce serait trop con de rater la fin à deux secondes près

Qui le saurait pas moi PAS MOOOOIIII

 

Rester vivant

 

De ma vie de mon vivant

PerSéVéRer en vers et jusqu'au bout à ne rien faire

Y paraît que ça conserve

Penser le moins possible pour garder la tête froide

Y paraît que ça conserve

Me mettre en mode con

Y paraît que ça conserve

 

Et si quand même

Peut-être semer quelques salades dans le jardin

Juste au cas ou les limaces me survivraient

 

Faire écrire ma biographie dès aujourd'hui

Y a t'il un ou une volontaire pour écrire ma biographie ?

Ça commencera comme ça

« Il a passé sa vie à ne rien faire »

Vous pourrez broder la suite au point de traverse

Après la fin du monde ce sera trop tard

Il n'y aura plus personne pour l'écrire   ma vie

& plus personne pour la lire

& plus personne pour se souvenir de moi

& plus personne pour

Plus personne . . .

 

Sauf si les poulpes apprennent à lire

Y paraît que c'est intelligent ces bêtes là !

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 10:04

version audio Cerumen

 

Tu chauffes

Tu livres

Tu livres à l'heure

Tu délivres les commandes

Tu livres des livres /

Une livre de livre

Ça ne pèse pas lourd

Ça pèse une livre de sang →

À chauffer

À livrer /

Tu livres le combat

Le combat de tes heures

De ta vie de chauffeur livreur /

Dans la ville →

Tu écris le livre

Un livre d'heures

Un livre en double file

Une vie en double file

Passé simple tu rentres les rétroviseurs

Présent sens unique vivement conseillé

Futur immédiat livraison suivante

Klaxon y gueule

Klaxon « y'a pas que toi qui bosses ! »

Klaxon y s'énerve

Klaxon « bouge ton cul ! »

Rester zen pas de fausse route un point à la ligne

G P S en alerte t'es géolobotolocalisé

La rue comme le fond de ta poche /

Fatigué entre chiens & réverbères nouvel arrêt →

Dernier paquet papier kraft l'adresse : 122, Bd de la Liberté

Amazon@expéditeur.com « Come delivery driver »

Ding dong

« Deliver me » /

Et si c'était un roman d'amour

Ding dong

. . . La porte s'entrouvre . . .

 

 

yve bressande / 11 2015 / http://lecerumen.blogspot.fr/

 

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:55

À dix ans les rêves ne sont pas des rêves

À vingt ans les rêves sont fait pour être réalisés

À quarante ans les rêves ont encore le goût du possible

À soixante ans les rêves sont des rêves

À octante ans les rêves se confondent avec les mirages

À cent ans les rêves rêvent   c'est le rêve

yve bressande

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Audio Vox Concept'

regroupe une suite de textes conçus et écrits pour la voix.

Mise en bouche en souffle en 3 2 1 …

  D’autres textes dans la rubrique Audio Vox
(enregistrement artisanal par l'auteur)
La version audio est parfois différente de la version texte.
La raison pourrait en être une persistance des brumes textuelles.
Les poèmes sont des plaques tectoniques, ils bougent, se choquent, s'entrechoquent, emmagasinent de l'énergie, cela produit des failles de sens, des cratères néologiques, parfois aussi des tremblements de vers, des tsunamis sémantiques…