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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 13:20
Zad Zad Zad Sivens

 

Z À D

 

Zad Zad Zad

cri de ralliement dans la campagne brumeuse

au levé du jour

à la tombée de la nuit

à l'approche des cafards

cris de rage coup de barre rage

face à face

 

Zad Zad Zad

rage sans retenue

rage humide

rage acide

mauvais trip'

cauchemars enfumés intoxiqués

 

Zad Zad Zad

explosions

coups de barre matte →

traque au fond du bois

traque dans la plaine

coup de barre sur les têtes

coup de barre rage dans la tête

châtaigne dans le dos

 

Zad     Zad     Zad [façon glas]

la châtaigne ne tombera plus

la grenouille ne chantera plus

le lièvre baisse les oreilles

le chêne est à terre

le roseau n'a pas mieux résisté

 

Zad Zad Zad

le maïs réclame son bain de pieds

les zélés zélus en sont tout babus

la fénéssea s'en gratte le fondement

les journatristes zaveuglés pissent & bavent

 

Zad Zad Zad

un chêne est encore debout

il abrite un nid

un nid de bois et de voile

un nid de résistance

un nid qui ne veut pas tomber

un nid qui ne tombera pas

 

Zad Zad Zad

ici zaussi et zailleurs pareil

comme un avion sans avion

comme une lande qui débande

comme un ballon dégonflé

comme un parc décentré

 

Zad Zad Zad Zad Zad Zad Zad Zad Zad

hier un zoiseau s'est envolé triste nuit

ce n'est pas fini si pour Rémi

demain d'autres viendront se poser

au sommet du chêne

sur un châtaignier

visible / invisible → collectivif

ils chantent chanteront avec Lui

 

Zad Zad Zad Zad Zad        Zad Zad Zad Zad Zad

[sur l'air du temps des cerises]

 

 

yve bressande / 11 2014

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 11:15

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À l'instant de ma mort

naîtront des enfants

sauf si c'est la fin du monde

 

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 14:31
Où allons- nous  où ?Où allons- nous  où ?
version audio
(cliquez sur le carré vert ci-dessous)
 

 

 

Pourquoi ces ruines de toutes parts

Ces rafales qui décapitent

Ces terribles bourdons qui crachent le tonnerre /

Pourquoi ces cris et ces pleurs

Ces paroles définitives

Ce mot - départ - répété jusqu'à bouche sèche /

Pourquoi ce maigre sac posé là

Où allons-nous où

 

Chemins au milieu des oliviers

Ruelles de notre quartier de notre village

Rues populeuses du souk

Soirées d'été à taper dans ce ballon pelé

Fêtes où nous aimions danser /

Aujourd'hui nous piétinons

Tous se sont réunis

Interminables embrassades

Des gouttes nombreuses nous arrosent

Pourtant le ciel est bleu et sec

Quelle est cette pluie sans nom /

Ce matin ou ce soir nous partirons

Où allons-nous où

 

Nous suivons et nous sommes suivies

Un pas après l'autre

Vers quel horizon quels nouveaux pays sages (?)

Cent pas mille pas

Plaines montagnes se succèdent

Cailloux sable goudron

Nous blessent nous brûlent

Nous usent trop vite /

À peine parfois une pause

Nous nous détendons quelques minutes

L'eau du ruisseau rougit autour de ses pieds /

C'est reparti

Dix mille pas cent mille pas

Nous sommes solides et dures à l'épreuve

Un bon artisan nous a fabriqué

Toutes de cuir épais et résistant /

Où allons-nous où

 

Des mots s'échappent des bouches

Rebondissent et nous rendent plus légères

Europe Liberté Paix Travail

Un autre tombe comme une lourde grille

Frontière

Il nous oblige à des jours de surplace

À des palabres et marchandages sans fin /

Nous en avons déjà traversé plusieurs /

Nous repartons à l'aube naissante

Au creux d'une nuit protectrice

Et toujours la même terre le même soleil

Où allons-nous où

 

Parfois de nouveau les cris

La peur la panique

Nous courons le plus vite possible

Sans jamais revenir sur nos pas

Avancer coûte que coûte /

Se heurter à de nouveaux mots

Migrants ils disent

Retour ils disent

Papiers ils disent

Bienvenue ils disent

Monnaie ils disent

Monnaie nous savons ce mot universel

Il est vert et précieux

Bien plus utile que le passeport

C'est nous qui le cachons

Petits paquets biens serrés

Enveloppés de soie

Un à gauche un à droite

Où allons-nous où

 

Berlin Stockholm Calais Londres

Des rêves des histoires

Le soir autour d'un feu de bois

Dans un conteneur surchauffé

Sur ce radeau ballotté par des vagues assassines /

Les mots sont l'essence du voyage

Les grains d'un chapelet d'à venir /

Nous au ras du sol

Nous comptons les pas

Un million de pas dix millions de pas

Où allons-nous où

 

Nos lacets ont craqué plus d'une fois

Bouts de ficelle ruban adhésif

Nous sommes au bout du rouleau

Rafistolées jusqu'à la corde /

Nous tiendrons

Nous tiendrons cent millions de pas

Mille milliards de pas s'il le faut

Nous irons jusqu'au bout

Où allons-nous où

 

Où se termine le voyage

Nous avons vu jeter de la terre sur certaines d'entre nous

Nous en avons vu séparées abandonnées

Mais nous nous tiendrons

Nous tiendrons jusqu'au bout /

Camions bateaux trains taxis autobus

Des mots des mots

Des mots qui nous font avancer

Des mots que nous ne comprenons plus /

Où allons-nous où

Ici l'air est humide et salé

Où sommes-nous où

 

Ces fils barbelés

Ces uniformes qui nous entourent

Toute cette boue

Est-ce ici la fin du voyage

Était-ce pour cela ces innombrables pas

Était-ce pour cela que /

Nous avons parcouru ces milliers de kilomètres

Nous avons compté cent mille milliards d'étoiles

Nous avons tout donné tout /

Nous arrivons à destination

Il y a destin et nation dans ce mot

Il y a nouvelle vie

Il y a nouveau départ

Il y aura nouvelle langue

Il y aura peut-être un peu encore de la joie /

Nous y sommes où

 

Toujours inséparables

Nous avons fait la paire /

« Mission accomplie » /

La terre est ronde

Un jour peut-être nous reviendrons

Semelles devants

 

. . . semelles de vent . . .

 

 

 

yve bressande 2015

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 12:37
Et avant ?

 

 

La vie avant la vie
un homme et une femme
et avant

deux hommes et deux femmes

et avant

quatre hommes et quatre femmes peut-être déjà morts

et avant
tout un tas de bestioles ancestrales avec ou sans patte

et avant

Noé & la licorne

et avant
un unicellulaire primal

et avant
un bouillon bien chaud
de la poussière d'étoiles

un électrochoc

et avant
un bigue bangue
et avant
?

 

et après

?

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 15:09
La poésie ne sert à rien

 

La poésie ne sert à rien


Heureusement
Sinon   les cons

ils essaieraient de nous la vendre

ils nous la marchandiseraient
ils nous la publiciteraient
ils inventeraient un Master de poète
ils seraient capable d'en faire un prétexte à une guerre
Heureusement

 

La poésie ne sert à rien

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 18:11
De l'orage dans l'air

 

Il y a de l'orage dans l'air
De l'électricité dans les veines
Les atomes sont secoués   bringuebalés

Rafales en tourbillons   en goupillons

Zébrures aveuglantes déchirent la page
Les géants grondent et font trembler les murs

Les farfadets se planquent sous le lit
La chambre se faradayte contre les cauchemars

 

Bonne nuit

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 15:32
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015
Urgence Poésie / Lodève 2015

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Chassez la poésie de la rue

Elle revient !

Un pavé (de vers) à la main

 

 

           Prédictibilité :

           Un poème entendu à Lodève aujourd'hui

           pourra-t-il vous rendre amoureux

           là où vous serez dans dix minutes   jours   ans

 

 

Largent s'envole

la poésie reste !

 

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 10:49

Chassez la poésie de la rue

Elle revient !

Un pavé (de vers) à la main

 

 

La société est en crise

La poésie (paraît-il) est en crise

Alors

Vive la crise   vive la crise   vive la crise

 

 

La poésie n'est pas cotée en bourse

La poésie ne se vend pas

La poésie c'est tout bénéfice

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:58

Si la poésie était une chose sérieuse,

je ne lui aurais pas consacré toute ma vie.

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 13:01

C'est comme pour la musique

le seul moment ou l'on peut faire une photo

c'est le silence

Pour la danse

le moment c'est l'immobilité

Autrement c'est flou

 

Le flou c'est le bon moment

Le mouvement c'est jamais très net

 

Paroles floux d'un fotografe f(l)ou

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Audio Vox Concept'

regroupe une suite de textes conçus et écrits pour la voix.

Mise en bouche en souffle en 3 2 1 …

  D’autres textes dans la rubrique Audio Vox
(enregistrement artisanal par l'auteur)
La version audio est parfois différente de la version texte.
La raison pourrait en être une persistance des brumes textuelles.
Les poèmes sont des plaques tectoniques, ils bougent, se choquent, s'entrechoquent, emmagasinent de l'énergie, cela produit des failles de sens, des cratères néologiques, parfois aussi des tremblements de vers, des tsunamis sémantiques…