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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 11:17

 

 

F : Nous on bosse pour des clopinettes pendant que d'autres...

P : Tu penses à la Pénélope ?

F : Pas que, hier soir j'ai regardé sur Arte le docu sur la Mafia Corse, c'est dingue le fric qui passe dans la poche de « On sait pas qui » !

P : Les politiques se sont bien sucrés.

F : Oui, des milliards détournés, évaporés, empochés, et à nous « On » demande de se serrer la ceinture et de bosser comme des bêtes.

P : Fillon il encaisse chez XAX assurance, là aussi il y a de fric qui circule, c'est bon pour financer sa campagne !

F : C'est que elle commence de plus en plus tôt La Campagne, et c'est pas compté comme frais de campagne, parce que y faut pas oublié que la campagne elle est pas commencée !

P : Tu as raison, on ne connaît même pas encore tous les candidats, Bayrou se tâte et d'autres n'auront peut-être pas leurs 500 signatures.

F : Sans parler des programmes, ils annoncent qu'ils annonceront leur programme à la mi février, fin février...

P : En fait on ne sait rien ! Sauf que l'audimat crève les plafonds et que les médias s'en mettent pleins les poches.

F : Et si ça se trouve dans quinze Fillon sera passé à la trappe !

P : Il me rappelle un peu Raymond Barre...

F : Euuuuu ? Pas physiquement tout de même ?

P : Non, Raymond s'était lancé comme « Meilleur économiste de France », ancien premier ministre, et un peu décalé. Au début il avait ses chances mais il a fait une campagne sinistre, triste, en noir&blanc et il a chuté. Il s'est pris lui-même les pieds dans le tapis. C'est encore un peu tôt mais c'est bien ce qui pourrait arriver à Fillon, de terminer trois ou quatrième.

F : Macron est presque sur orbite, Hamon prend un bon départ et s'il récupère les écolos... et biens sûr quid de Bayrou qui bouffera de la laine à Macron et Fillon.

P : Le mieux est encore d'attendre le printemps, d'ici un bon mois on y verra plus clair, ça laisse le temps d'hiberner et d'en boire un autre.

F : Et monsieur ubiquite tu en fais quoi ?

P : La Méluche, je le vois plafonner, avec ou sans hologramme, difficile d'imaginer qu'il saute la barre des dix-sept pour cent.

F : Et la Marine ?

P : Tu prends des notes ou quoi ? Tu vas me ressortir tout ça après le deuxième tour pour te fiche de ma gueule ?

F : On verra, mais et si elle n'était pas au deuxième tour ?

P : Après une année 2016 de merde on peut toujours espérer une bonne nouvelle en 2017 ; Hamon Macron au deuxième tour ! Là je te paie le champagne, et du bon ! ! !

F : Ou bien Hamon Mélanchon !

P : H & M, ça me dit quelque chose ça... ?

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 08:30

 

Fred : Tu imagines, c'est dingue, et ça se passe aujourd'hui à deux heures d'avion d'ici ! En écoutant les infos on se croirait au Moyen-..., non, même pas ! Il y a deux ou trois mille ans en arrières !

Pat : Il y a trois mille ans ils n'écoutaient pas la radio...

Fred : Non mais ils assiégeaient des villes !

Pat : Une ville assiégée depuis des mois, des années, et le siège tombe, le sac de la ville, le massacre de la population, le viol des femmes, le vol des enfants. En cours d'histoire cela nous faisait frémir, mais c'était il y a si longtemps, c'était si loin, si longtemps, si loin, cela était impossible de nos jours, impossible !

Fred : Impossible...

Pat : On a toujours l'air un peu con avec ce genre d'affirmations, « Impossible ! » et pourtant c'est vrai qu'on croyait ça reléguer aux manuels d'histoire ancienne.

Fred : Quoique à Sarajevo, mais ça s'est moins mal terminé. Le pire je crois c'est que ça passe en directe sur les chaînes de télé, elles relaient ça comme si c'était un match de foute... Bachar 1 / Démocratie 0.

Pat : Ou alors Poutine 1 / Obama 0 !

Fred : Pétrole 1 / Liberté 0

Pat : À Alep ils ont surtout du savon, pas beaucoup de pétrole...

Fred : C'est un conflit régional, Alep n'en est qu'un pion.

Pat : Et Daech on en parle plus beaucoup. Leurs agents de communications sont en panne ?

Fred : Les Américains et nous ont est sensé les bombarder.

Pat : On a donc tout ce qu'il faudrait sur place pour...

Fred : Intervenir...

Pat : C'est ça.

Fred : Je me demande comment les livres d'histoire parleront du siège d'Alep d'ici quelques siècles ?

Pat : S'il y a encore des livres d'histoire...

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 09:51

 

Pat : Moi Pat je l'ai écouté à la radio, j'ai cru que c'était pour annoncer sa candidature, et quand il a commencé à énumérer ses victoires je me suis dit que c'était plié.

Fred : Moi Fred je l'ai regardé, il avait pas une tête de grand jour, mais c'est vrai que j'y croyais pas, enfin au fur et à mesure...

Pat : Y'a un moment ou je me suis dit ; attend, là ça va plus, le discours il devrait monter, prendre de la hauteur, de la vigueur pour arriver à l'annonce finale.

Fred : On va pas refaire le match, il y va pas !


Pat : poufffff poufffff où va notre monde ? C'est qu'on va être obligés de s'habituer à de nouvelles têtes et retenir les noms et prénoms. Tu me diras c'est bon pour nous les vieux, mieux que la partie de Scrabble pour lutter contre, c'est comment déjà ce truc ; Aloïs Alz... ?


Fred : Adieu Nicolas, Alain, François H, oui bon des François c'est pas ce qui manque ! On pourrait même en avoir un autre, ça sera comme qui dirait une sorte de continuité minimale.


Pat : Dis pas de connerie ! Alors qui à gauche ? Manuel, Benoît, Arnaud, ... ? Où sont les filles dans cette jeune génération ? Pour succéder à Martine, Ségolène, Christiane, ... ? Nadjet va-telle y aller ?

Fred : Tu devras encore patienter un peu, une quinzaine avant de savoir qui sera candididats, candididates. J'ai pas tout suivi l'histoire des parrainages chez eux. À droite il y a eu pas mal de déchet.

Pat : Et de gros déchets ! Les seuls qui sont vraiment content c'est les médias, ils vont pouvoir faire monter les enchères pour les publicités pendant les débats. De sacrés piques d'audience en perspectives.

Fred : Et on va pouvoir rigoler avec les sondages !

Pat : Enfin bon, il est encore Moi Président jusque fin mai, d'ici là il peut s'en passer des choses ; un million de chômeurs en moins, la dette qui font face au réchauffement climatique ; Marine à 2% dans les sondages...

Fred : Et le Père Noël qui passe d'ici peu. Au fait tu as des idées pour les cadeaux ? Moi j'ai encore rien acheté.

Pat : Moi tu sais, c'est pas trop mon truc, je ferai ça en impro, au dernier moment, on trouve toujours quelque chose.

Fred : Un meug à l'effigie de François H ou de Nicolas S, y vont peut-être les brader ?

Pat : Quand même ça me chiffonne un peu...

Fred : Quoi ?

Pat : Cette primaire à gauche, je les vois pas président, ils me font tous penser à des marionnettes qui s'agitent... Et qu'avec ce système j'ai l'impression qu'on choisi d'abord le candidat et ensuite le programme.

Fred : C'est comme ça, les temps changent...

Pat : L'hiver sera chaud !

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 15:40

  

 

Pat : Peux-tu me dire pourquoi quand tu poses un objet, disons un trousseau de clés, et que tu lui tournes le dos disons deux minutes, neuf fois sur dix tu ne le retrouves pas et tu passes un temps dingue à remettre la main dessus ?

 

Fred : Parce qu'il est dessous. C'est le syndrome de la propension des choses inanimées à se déplacer ou à disparaître.

 

Pat : C'est quoi cette connerie de syndrome ?

 

Fred : Phase une tu poses l'objet. Phase deux (très courte) : Stabilité apparente et relative de l’ordre établi. Phase trois (progression fulgurante) : Expansion ordrifuge exponentielle des objets. Phase quatre (à tendance persistante) : L'objet recherché a disparu.

 

Pat : J'y ai rien compris à ton truc là. Moi ce que je veux dire c'est que, disons les clés, t'es pas con au point de les poser dessous autre chose quand tu les poses ! Tu les poses dessus et là où tu es sûr de les retrouver. Alors comment tu comprends que après deux minutes tu les retrouves plus ?

 

Fred : Personne n'a jamais rien compris à rien, c'est comme ça. C'est aussi que peut-être chez toi on ne sait plus bien où est le dessus du dessous.

 

Pat : Insinuerais-tu que chez moi c'est le foutoir ? Ben pourtant je range, je range au moins là où je pose, tu vois, avant de poser je fais de la place pour poser, mes clés, mon portefeuille, ou j'sais pas, le tire-bouchon...

 

Fred : Peut-être que tu pourrais ouvrir ta porte avec le tirebouchon ? Ça te ferait un truc en moins à perdre.

 

Pat : Arrête ! J'suis sérieux, et puis ça me coûte du fric de refaire faire mes clés ou de racheter des tirebouch'.

 

Fred : Tu participes à l'activité économique du pays, c'est bien.

J'y pense, il y a au moins des valeurs sûres, des exceptions à la règle, on est en France merdre !

 

Pat : Lesquelles ?

 

Fred : Les plantes vertes !

 

Pat : Tu te fous encore de ma gueule là. Et puis une plante tu la cherches pas, tu la vois, elle est là c'est tout. Et puis elle est verte, ça aide.

 

Fred : Idée de génie Pat' ! Tu viens de l'avoir, peindre en vert ce que tu ne veux pas qui disparaisse !

 

Pat' : Pas con, quoique... si tout est vert...

 

Fred : Prenons un autre cas. Méfie-toi des faux amis, de ceux qui ont un fil à la patte. Tu suis le fil, et tu as parfois une surprise. Arrivé au bout ce n'est pas forcément ce que tu croyais.

 

Pat : Ouais là je suis d'accord, avec les fils c'est toujours l'embrouille !

 

Fred : Et attention, y'en a d'autres pas mieux, tiens, les mots ! En voilà une engeance particulièrement perfide, les mots !

 

Pat : Tu veux dire qu'ils sortent dans le désordre de ta tête. Ça j'suis d'acc aussi mais j'crois savoir un peu pourquoi, d'ailleurs mon verre est toujours là mais vide, lui aussi je me demande comment que ça se fait qu'il est si souvent vide ?

Léon, tu nous en remets une !

 

Fred : Y'a aussi la géolocalisation, tu pourrais équiper certains objets à ne pas perdre d'une puce de géolocalisation. Merci Léon.

 

Pat : Genre comme ça se faisait dans le temps, tu siffles et ça répond ? Et le jour ou la pile est morte tu retrouves jamais le truc.

 

Fred : Non, ça c'est ringard, maintenant t'as tout sur ton smratfaune...

 

Pat : Hein quesse tu dis ?

 

Fred : Que c'est sur ton téléphone que ça marche.

 

Pat' : Oh purin de merde, où est-ce qu'il est ? J'suis sûr que... Tu vas voir que je l'ai encore paumé ce machin, alors lui c'est pire que tout, j'en suis au moins à mon dixième, je les rachète chez Emmaeus sinon je me serais déjà ruiné.

 

Fred : Laisse tomber la puce, tu fais comme si j'avais rien dit. Tu veux que je le fasse sonner ?

 

Pat' : Ah, là, je le sens ! Quoi, qu'est-ce que tu disais ?

 

Fred : Rien, je dis rien...

 

Pat : Pas con ça, un chien, y'a bien des chiens d'aveugle et d'autres qui rapportent le journal ou un lapin, pourrait aussi y avoir des chiens qui surveillent tes affaires à ta place et...

 

Fred : Des chiens d'ivrognes. Qui font le ménage ? Et aussi un cheval qui te ramène chez toi et un coq qui te réveille le matin... Pat' tu devrais aller vivre à la campagne.

 

Pat : C'est vrai qu'à la campagne c'est peut-être mieux reanbgé, j'veux dire que, à la campagne y'a moins, tu vois, et comme y'a moins tu retrouves plus facilement.

 

Fred : C'est ça oui, plus y'a moins et plus c'est mieux dans l'ordre.

 

Pat : Léon, t'es sûr pour l'horloge là ? Si les aiguilles tournent dans le sens des aiguilles j'crois que j'vais siffler mon cheval.

 

Fred : À demain Pat'.

 

Pat : Si demain est là où on l'attend, ça devrait le faire.

 

Fred (en aparté) : Je me demande des fois si on perd pas aussi un peu notre temps à toujours chercher à vouloir remettre de l'orlogique dans tout ?

  

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 15:46
Vide vie...

La mémoire des objets

 

Fred : Oufff, ce matin j'ai mis le nez dans un placard, que des vieilleries que je me dis depuis des lustres que je dois faire le tri.

Pat : Tu viendras chez moi après, j'ai de quoi remplir une benne et je procrastine depuis des décennies.

Fred : Attend ! J'ai juste réussi à trier et jeter un sac de merdouilles pourries.

Pat : À la mort de mon père j'ai récupéré tout un tas de trucs, je pouvais pas jeter, c'était mon enfance, alors je les ai stocké en plus de ce que je gardais déjà.

Fred : J'suis un peu pareil, j'sais pas pourquoi, pourquoi on garde des outils qui ne nous serviront jamais, des objets en pannes ou cassés...

Pat : Ah non, moi c'est plutôt sentimental, ou alors Loulou la brocante, je me dis que ça peut avoir de la valeur, ou que ça en prendra avec le temps, que quand je serais mort...

Fred : Tout partira pour une bouchée de pain chez un brocanteur.

Pat : Je sais, en fait les objets n'ont pas de mémoire, c'est nous qui nous souvenons, pas eux. Ce vieux projecteur de films, un Pathé Baby, y'a que moi qui me souviens de ma grand-mère me projetant des films bizarres.

Fred : Tu m'en as déjà parlé, tu m'avais dit qu'il y en a des dizaines à vendre sur « leboncoin ».

Pat : Oui, entre vingt et quarante euros, et le mien il est tout en haut d'une étagère.

Fred : Et tes héritiers se demanderont pourquoi tu as conservé ce vieux machin. Il ne signifiera rien pour eux.

Pat : C'est ça, on projette son film sur un objet, ce projecteur j'entends encore son bruit, il fallait un transformateur car il fonctionnait en 110v, enfin bon, voilà, y'a que moi qui...

Fred : Alors tu le gardes pour toi et rien que pour toi, tu devrais le descendre de son étagère et l'exposer dans ton salon, au moins tu en profiterais pour te repasser le film tous les jours.

Pat : C'est con, car en fait je n'ai pas besoin de l'objet pour me souvenir.

Fred : On tourne en rond.

Pat : Faudrait que toi et moi on rassemble tout et qu'on se fasse un vide grenier !

Fred : C'est dit, ! Et avec la recette on se fait un bonne bouffe, qu'au moins on en profite ici et maintenant.

Pat : C'est dit !

Fred : On le fait quand ?

Pat : Euuuuuuuuu ben, faut quand même le temps de faire le tri et...

Fred : Non ! Surtout y faut pas trier, faut tout mettre dans le tas, et tout vendre sinon on y arrivera jamais.

Pat : T'es dur.

Fred : Tu viens chez moi et je vais chez toi, comme ça pas de tergiversassions.

Pat : On en reparle.

Fred : Tu te dégonfles ?

Pat : C'est pas ça mais...

Fred : Ça pourrait prendre de la valeur ! Tu sais bien que non, si t'avais quoi que ce soit qui vaille quelque chose, je serais déjà au courant.

Pat : Je regarde sur videgrenier.com et je t'appelle !

Fred : C'est dit !

 

yve bressande / 17 08 16

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 13:37

 

Fred : Tu sais, on en a peut-être déjà parlé mais j'ai du mal à m'y faire...

Pat : Fer à cheval ou fer au feu ?

Fred : À la disparition, extinction de mots, de concepts, ça date de l'époque des privatisations, enfin j'imagine.

Pat : Oh ben, tu nous causent du millénaire d'avant !

Fred : Partout ou presque on est devenu des clients.

Pat : En effet, c'est pas nouveau, et ça va pas s'arranger, que ce soit à l'école ou à l'hôpital et j'en passe, de plus en plus ce sera tu paies ou t'attends.

Fred : Oui, et c'est même pas le côté argent qui m'embête le plus, c'est la relation, pas du tout pareil si t'es client ou usager. Celui ou celle qui est en face du client le regarde comme une vache à lait, avec l'idée de lui soutirer le maximum ; c'est plus vraiment humain.

Pat : Y'a plus que toi pour penser en terme humain, pas humain. La plupart des gens prennent leur pied à acheter, à avoir de l'argent et à le dépenser avec le pouvoir qui va avec ! Ils cherchent la bonne affaire, la concurrence ça les fait bander.

Fred : Tu as raison, c'est bien ça qui me gène, cette relation de dominant, dominé qu'induit l'argent, et à la fin il faut un gagnant et un perdant.

Pat : Tu crois qu'il n'y a pas possibilité d'un accord ? Le juste prix des choses ? Quand tu achètes une salade ou un aspirateur, si la salade est bonne et que l'aspirateur aspire et que tu n'as pas dépensé plus que tu le voulais, c'est bien ?

Fred : Tu as raison, faut chercher ailleurs mon malaise... prend les « biens communaux », aujourd'hui c'est devenu propriété aliénable des communes ou autres. Il sont lotis, zacisés, périphériquisés, ou au mieux transformés en zone verte et aménagés, sauf que je ne me sens plus chez moi, ce n'est plus un bien commun dont chacun peu jouir. Voilà, un usager jouit du bien commun.

Pat : Parce que tu penses qu'un acheteur ne jouit pas de sa propriété ? !

Fred : Si, sans doute, alors le malaise est encore ailleurs...

Pat : Il est peut-être que l'usager fait parti d'un collectif, le mot important pour toi c'est « commun », et que l'usage commun induit l'appartenance à une « communauté ». Le client comme le vendeur sont des individus et la propriété l'enjeu de leur relation.

Fred : C'est ça, en fait le malaise il est là, de la disparition du commun, de la communauté, de l'appartenance.

Pat : Le truc d'être vieux mon pauv' Fred c'est de rester bloqué sur ce que tu as connu et qui n'existe plus ou tend à disparaître.

Fred : Merci, tu me flattes.

Pat : Non, c'est juste qu'aujourd'hui d'autres modes de relations se mettent en place, d'autres types de communautés.

Fred : Tu veux parler des « Amies » sur la Fesse du Bouc ?

Pat : Non, là on est dans le 100% privé commercial. Je pensais plutôt aux communautés de partage de services comme les « Sel », les jardins partagés, les « Boîtes à livres », le covoiturage... etc. Il existe également des tentatives de coopératives immobilières...

Fred : Tu as raison, j'appartiens à la préhistoire, place aux jeunes !

Pat : Qu'est-ce que tu peux être con quand tu t'y mets. C'est juste qu'il faudrait que tu te bouges un peu, ce que je te dis là c'est pas nouveau, je dirai même que c'est aussi vieux que l'humanité. Sauf qu'aujourd'hui l'arbre capitaliste et marchand est devenu tellement gros qu'il cache la foret commune.

Fred : Et c'est un lieu commun de me le dire.

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 07:36
Personne t'oblige !

Fred : Je te le dis, personne t'oblige.

Pat : À quoi ?

Fred : À quoi, quoi ?

Pat : Personne ne m'oblige à quoi ?

Fred : À faire ce que tu ne veux pas faire, ce que tu n'as pas l'envie de faire.

Pat : Oui, et alors... où est-ce que tu veux en venir ?

Fred : Si personne ne fait ce qu'il n'a pas envie de faire tout ira mieux !

Pat : Si toi tu disais en clair ce que tu veux dire je comprendrais peut-être mieux.

Fred : Au lieu de passer leur temps à râler contre ceci ou cela, à signer des pétitions en ligne, à partager leurs mauvaises humeurs sur la Fesse du Bouc... les gens feraient mieux de s'écouter et d'agir. Si tout le monde agit en fonction de ses convictions les choses changent.

Pat : Hummm... à qui mieux mieux ! Quels gens ? Donne un exemple concret ?

Fred : Les français, ceux qui protestent, qui sont contre ; pourquoi est-ce qu'ils n'agissent pas en cohérence avec leurs opinions ?

Pat : Si je te suis bien, je suis contre... voyons voir, contre quoi est-ce que je suis ? Contre les voitures en ville ! Ça pue et ça pollue. Je fais quoi ? Je signe une pétition, j'écris à mon maire, je crève les pneus des bagnoles ?

Fred : Tu peux commencer par voter pour une liste qui propose la suppression des voitures en centre ville, et toi-même ne pas avoir de voiture.

Pat : Aucun candidat à la mairie qui espère se faire élire ne proposera de supprimer les voitures du centre-ville. Et ceux qui ont une bagnole ont tous une très bonne raison à te donner pour ne pas s'en passer. Et la liste ultra-écolo anti-auto fera au mieux 2% et en votant pour elle je risque de faire passer une bande de fachos.

Fred : Prenons un autre exemple, je pensais aux pouvoir du consommateur.

Pat : Acheter ou ne pas acheter ? Le boycott ?

Fred : Oui, mais au niveau individuel, ou familial, sans avoir besoin d'une organisation ou d'un gourou à suivre. Décider soi-même d'être en cohérence.

Pat : De ne plus acheter de fraises à Noël. L'éruption permanente des individus plutôt que la révolution permanente des peuples !

Fred : Quand le peuple refroidit, les organismes constitués et agissants reprennent le pouvoir, qu'ils soient militaire, politique, religieux, économique, etc. On l'a vu en Égypte, c'est un cas typique.

Pat : Sauf que les individus sont globalement individualistes et moutonniers. Prêts à manger du poison en sachant qu'ils mangent du poison du moment que c'est un poison à leur goût et pas cher ! Ou pour épater le voisin.

Fred : C'est un peu ça, le fumeur sait qu'il va droit vers le cancer du poumon mais il fume quand même. Tu sais qu'en achetant de l'huile de palme industrielle tu tues les orang-outans, et pourtant tu signes des pétitions pour sauver les orang-outans tout en achetant une barre chocolaté ou un plat cuisiné contenant cette huile de palme industrielle.

Pat : Ce n'est donc pas un problème de connaissance ni de conscience ?

Fred : Interroge individuellement les personnes, la plupart donneront « les bonnes réponses », et cela ne date pas d'hier ! Le fameux syndrome de la brosse à dent ; cette enquête date d'au moins cinquante ans. Les français déclaraient se brosser les dents au moins une fois par jour et changer de brosse au moins une fois par an, je résume. Ceux qui ont réalisé cette enquête ont comparé leurs résultats avec les ventes réelles de brosses à dents et de dentifrice et là je te laisse deviner la suite.

Pat : Il aurait fallu vendre deux fois plus de brosses et quatre fois plus de dentifrice. Donc les gens savent et agissent à l'inverse.

Fred : Eh oui, c'est l'éternel hiatus entre comportements individuels et le bien collectif. Il faut la loi et ou une contrainte pour faire changer les usages.

Pat : Il doit bien exister des exemples ou les individus ont fait évoluer la société, je veux dire des changements de comportements sur le long terme ? Si on refaisait le sondage sur l'hygiène dentaire en France ?

Fred : Sans doute les mentalités évoluent, mais c'est souvent par influence, par contagion. Si tu relis des textes très anciens, Rutebeuf, La Boétie, ou les philosophes grecs classiques, tu t'aperçois que leurs écrits sont d'une actualité brûlante, pour reprendre la métaphore de la lave et du volcan.

Pat : Alors il faut attendre la catastrophe, l'explosion d'une centrale nucléaire, la disparition des abeilles et la famine mondiale, la chute du capitalisme et du système financier, etc. ?

Fred : En attendant tu reprendras bien un verre de cet excellent petit blanc bio ?

Pat : Je veux ! … donc je peux, hipppsssss.

Fred : C'est peut-être ça que Nuit Debout a de positif, si ça dure...

Pat : Et si c'est contagieux, parce que pour l'instant ça reste bien petits blancs intellos.

Yve Bressande

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 17:10

Fred : Salut à toi Ô Titane Céramique nique nique ! Te voilà outillé pour des siècles des siècles.

 

Pat : Semi outillé mon pauvre... y se trouve que je joue sur deux quilles ; et en ce moment quatre pattes et zéro main.

 

Fred : Plains-toi, y pourraient te les avoir coupé tes pattes, t'es pas encore cul de jatte ! Bon, tu fais quoi de tes journées, on te bouge un peu ?

 

Pat : Le matin après le ptit déj' je commence par quatre pages du Ulysse de James Joyce avec deux gélules paracétamolisées pour faire glisser.

 

Fred : Tu te fous de moi, c'est juste bon pour te ramomoliser le yaourt ça ! Ulysse, tu le relis ? ? ?

 

Pat : Non, j'ai commencé le tome 1 il y a 26 ans, j'en suis à la page 399...

 

Fred : Et tu penses le finir bientôt ?

 

Pat : J'sais pas, p'être à la deuxième hanche, cet automne.

 

Fred : Il y a combien de tome ?

 

Pat : Deux dans l'édition folio

 

Fred : Presque trente ans par tome, ça va t'obliger à vivre jusqu'à au moins nonante ans ça !

 

Pat : On peut le dire, sauf si je me prends un truc bien long bien gravos.

 

Fred : Très chic tes bas résille noir.

 

Pat : Une dame blanche vient me les enfiler tous les matins.

 

Fred : Ah ouiais ! Et ensuite tu fais les couloirs en aguichant les mamys et les papys ? C'est pour payer ta piaule ?

 

Pat : Presque... à suivre une partie de jambes en l'air, on fait ça en groupe.

 

Fred : Waoouuuuuuu ! La rééducation par la partouze ; je crois que je vais me casser une guibolle.

 

Pat : Un genou c'est mieux, tu resteras plus longtemps. Ça te fera un stage de sensibilisation à la vie en maison de retraite. Bicoze moi ici je fais figure de gamin, notre doyen à nonante et deux ans ! À table une phrase sur deux commence par : « C'était mieux avant. » l'autre par : « Dans quel monde vivrons nos enfant/petits enfants ? »

 

Fred : Tu as une idée de ta date de libération ?

 

Pat : J'ai posé une perm' pour le ouikinde, j'espère qu'elle me sera accordée. Pour la fille de l'air on verra la semaine prochaine.

 

Fred : C'est quoi ce truc ? (il feuillette un polycopié)

 

Pat : Un livret conseil des gestes à faire et à ne pas faire.

 

Fred : Ah ! J'ai cru un instant que c'était un condensé du kamasutra.

 

Pat : Cette page là... comme tu vois il ne reste pas beaucoup de place pour la fantaisie.

 

Fred : Eh ben bon vent mon Petit corps branlant. Ça ne t’empêchera toujours pas d'écrire des poèmes à la mords moi le nœud.

 

État de marche... ?
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 21:36
2016 résurrection 2

 

 

Pat : J'y ai pris goût, cette année j'ai décidé de repasser l'hiver au chaud.

Fred : Quoi, tu vas encore tu faire changer le cœur ?

Pat : Non, en janvier ce sera la première hanche.

Fred : Tu t'es mis à la clarinette ?

Pat : Non, une hanche en titane et céramique, du lourd, du solide, du dur qui dure.

Fred : Vu le nombre qui se font changer ça, d'ici quelques siècles nos cimetières vont devenir des mines. Il y avait déjà les dents en or, les couronnes en argent et métaux divers, les stérilets en cuivre...

Pat : C'est pas con c'que tu dis, je me demande si les croques morts y récupèrent la ferraille après les incinérations ou si ils mettent tout dans l'urne.

Fred : Si ils recyclent, ils doivent se faire une jolie cagnotte !

Pat : Enfin bon, j'en suis pas encore là, j'espère juste que ce sera fait une bonne fois pour toute, que le bail est de trente-six ans.

Fred : Tu pourras de nouveau courir après les filles sans faire la grimace.

Pat : T'es con, j'espère surtout ne plus avoir mal. Je ne me souviens même pas comment c'est de marcher en pensant à autre chose.

Fred : Faut d'abord faire la deuxième pour ça, bicoze avec une tu seras bancal.

Pat : C'est que qui m'emmerde le plus, de me dire que je devrais y repasser. Tu te motives pour la première, mais après... enfin bon, ça fait dix ans que j'attends ça.

Fred : Ah oui, c'est vrai qu'avant t'étais jeune, et maintenant t'es passé sur la rive des vieux.

Pat : C'est ça, et je vais rajeunir, enfin j'espère.

Fred : Tu vas béquiller un moment ?

Pat : J'sais pas, certainement quelques semaines, le temps que ça cicatrise et que les muscles se remettent en place.

Fred : Et tu vas aller dire tes poèmes avec la béquille ?

Pat : J'sais pas, pourquoi tu te marres ?

Fred : Excuze-moi mais... si tu montes sur scène avec une béquille tu vas pouvoir changer de pseudo.

Pat : J'comprends pas...

Fred : Ben con, tu pourras te faire appeler “Petit corps bancal” ! Et peut-être qu'enfin tu deviendras riche et célèbre !

Pat : T'es vraiment con quand tu t'y mets !

Fred : Ou mieux ! Petit corps branlant !

Pat : Et tu trouves ça drôle ? J'ai jamais pu supporter ce mec qui fait pleurer dans les chaumières en mettant en avant son handicap.

Fred : Quand même, tu devrais essayer, j'te jure que tu feras rigoler toute la salle.

Pat : Pis quoi encore, faudra aussi que j'écrive des niaiseries et que je marmonne ?

Fred : Depuis que t'es passé au jus de fruit tu deviens chiant !

Pat : Bébert remet une dose au monsieur là.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 22:38
Cœur à cœur

Pat : De battre mon cœur va s'arrêter.
Fred : C'est quoi cette connerie ?
Pat : C'est vrai ! Le truc c'est de savoir s'il va redémarrer, un coup de gégène et hop ça repart.
Fred : Comprends pas…
Pat : Ma cardiologue m'a annoncé que mon espérance de vie était engagée, comme ça elle a dit, et que si je ne faisais rien, il me restait moins d'un an à vivre.
Fred : Tu déconnes là ?
Pat : Non, c'est juste qu'il va falloir refaire la tuyauterie, changer une valve, et pour ça ouvrir et arrêter le cœur.
Fred : Tu vas te faire opérer ?
Pat : Oui, si je ne meurs pas avant, y'a risque de mort subite.
Fred : Que de bonnes nouvelles, tu rebois quec chose ? Une "Mort Subite" ? Histoire de garder le moral !
Pat : C'est de me dire que j'ai atteint ma fin de vie programmée qui fait bizarre, que si j'étais né quarante ans plus tôt je serais condamné, que si j'étais africain ou américain pauvre il ne me resterait plus que quelques mois à vivre.
Fred : Que si tu avais été otage dans le désert… Sauf que tu as la Sécu et une mutuelle.
Pat : Oui.
Fred : Vive la France ! C'est pointu comme opération ?
Pat : Oui et non, il s'en fait des dizaines par jour… et si les cliniques privées sont sur le marché c'est que ça doit rapporter du fric, et donc que les risques sont limités.
Fred : Après ça tu seras un ex mort ; vivant.
Pat : D'un point de vue existentiallo poétique c'est ce qui est intéressant. De mourir et de ressusciter.
Fred : Le face à face avec la dame de faux ?
Pat : Le jeté de dé, alea jacta est, ce n'est pas un suicide mais on se dit que ça peut se passer comme ça ; tu meurs ou tu ne meurs pas, et quand tu te réveilles, tu sais, tu sais pas pour combien de temps mais tu sais que ce n'était pas pour cette fois et que tu vis désormais sur la réserve, ta réserve de vie.
Fred : Tu sais toi combien de fois ton cœur a battu depuis ta naissance ?
Pat : Dans les... laisse-moi calculer ; 60x60x24x365x57 = 1 797 552 000 battements.
/ . . . /
Pat : Tu sais pas la dernière ?
Fred : Quoi encore ?
Pat : J'ai vu le chirurgien, il va me coller une valve en peau de zébu.
Fred : Et quand zébu boit zébu abuse.
Pat : Je te jure ; en peau de veau !
Fred : Peut-être un veau de zébu ?
Pat : Ils en existe aussi en cochon.
Fred : Le cochon il sera bio ?
Pat : Bio comme biologique, par opposition à valve en carbone.
Fred : Alors tu ne seras plus tout à fait humain.
Pat : Merdre c'est vrai ça ! Je n'y avais pas pensé.
Fred : Il y a déjà un cochon qui sommeil en toi, avec le veau ils se tiendront compagnie.
Pat : Arrête tes conneries. Je serai mi homme mi bête ; une sorte de chimère...
Fred : On pourra te manger sans être vraiment cannibale, genre : « Je me ferai bien une petite blanquette de Pat »
Pat : Si moi je bouffe une grillade ou une escalope, je mange la bête qui est en moi. C'est dingue !
Fred : Et quand tu croiseras un porc tu pourras lui dire : Bonjour cousin. Et si c'est un veau : Bonjour mon frère de lait. Tu penses devenir végétarien ?
Pat : Me suis pas encore posé la question. Pourquoi ? En mangeant du veau je pourrai le remercier d'avoir donné sa peau pour prolonger ma vie.
Fred : Mwouais... moi je crois que j'aurais du mal quand même. Meuuuuuuu.

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regroupe une suite de textes conçus et écrits pour la voix.

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(enregistrement artisanal par l'auteur)
La version audio est parfois différente de la version texte.
La raison pourrait en être une persistance des brumes textuelles.
Les poèmes sont des plaques tectoniques, ils bougent, se choquent, s'entrechoquent, emmagasinent de l'énergie, cela produit des failles de sens, des cratères néologiques, parfois aussi des tremblements de vers, des tsunamis sémantiques…